Fallut-il qu'une connaissance, un certain M.X, s'en vint suggérer d'associer un Casino qu'il se faisait fort de lancer en tant que Maître des Jeux.
Dans l'enthousiasme les propriétaires firent surgirent un bâtiment, l'équipèrent ... Il ne restait qu'à le lancer.
C'est là que M.X montra (pour ne pas dire pire), qu'il ne connaissait rien du métier de Maitre des Jeux: en quelques jours, face à un groupe de joueurs expérimentés et riches, le Casino ne cessa de perdre.
M.X refusa de fermer la banque des tables perdantes, de les mettre en deuil comme cela se devait.
On n'avait pas les moyens de rembourser les jetons que les gagnants allèrent perdre (pour ne pas dire pire) à Canastel, qui ne manqua pas l'occasion de ruiner son concurent.
Je n'étais pas né.
Un des rares souvenirs que j'ai d'Auguste c'est, assis sur une chaise accotée à l'entrée du marché d'Eckmuhl
où on lui avait procuré un emploi de gardien, ce vieillard décharné et figé, ce Commandeur qui ne détournait pas le regard vers l'enfant qu'on poussait à venir l'embrasser.
Je l'ai revu une dernière fois dans son minuscule appartement de la rue Deligny, pas plus décharné ni figé, pas plus Commandeur que lorsqu'il était vivant.
Je viens de trouver cette photo récente intitulée " Casino de Bouisseville". C'est elle qui m'a donné l'idée de l'article.