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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 00:00



La Marine et la Calère



Je préviens, je connaissais mal le quartier mais les quelques fois que je l'ai traversé ( allant à pieds à la pêche rejoindre le début de la digue à Fort Lamoune, ou me lançant à l'assaut des pentes de de Santa Cruz ... ou à l'occasion de certains Spartiates-JU ), ces quelques fois ont suffit pour me le rendre proche et aimable.   


                         


Le quartier se tenait entre le Murdjadjo, portant Santa Cruz et le Fort et ayant à son pied le ravin Ras el Aïn; la mer avec le port de pêche et la digue; le rebord du plateau avec , au sud , mon quartier d'Eckmuhl.



45110360471062411030145.jpeg

Sur cette photo d'avant on distingue la partie plateau marquée , à une extrémité par le cloher de l'église St Louis; devant et de forme concentrique la partie Marine proprement dite et, au plus près de la montagne la partie Calère.
Aujourd'hui la partie Marine a été pratiquement rasée, peut être le fait d'un mauvais entretien des maison... Voyez ce qui subsiste de l'ancienne rue d'Orléans; avec en haut l'ex hôpital militaire. De la Calère il ne resterait pas pierre sur pierre (J.Bueno).

 

 





L'hôpital militaire ou Baudens.





Il se trouve sur le Net suffisamment d'articles très complets qui présentent le quartier de la Marine. Je me contenterai de commenter quelques sites pour lesquels j'ai quelques souvenirs ou réminiscences.

 

 

la_marine_3_1296.png
Pour moi la Marine -Calère c'est avant tout le port de pêche.




Au pied de la montagne que longe la route qui nous menait aux plages.
J'admire chaque fois que je la contemple la photo ci-dessous qui montre les installations dont s'étaient dotés nos anciens afin de pouvoir se baigner durant l'été en aménageant la grande digue.





Il n'en restait plus rien de notre temps mais la vue qui suit montre quel en était le cadre:






Avec un port de pêche qui a conservé ses dimensions sinon son importance.





Un restaurant aux murs d'un bleu éclatant, est aujourd'hui  un des hauts lieux du tourisme et de la "gastronomie" oranaise.



136_3699_1.jpg


dsc_0228.jpg

Certains étals n'ont guère changé.







Elle se trouvait - et se trouve toujours pratiquement inchangée depuis 1900 -, sur la rampe Valès qui ceinturait le vieux port avant de s'en aller vers Mers el Kebir.





Toutes les fois qu'un autocar de la Sotac m'emmenant vers les plages passait devant l'usine, féru de ma connaissance de Bizet, je m'attendais à en voir jaillir une horde de lolitas conduites par une Carmen froufroutante... Et de fait, mon imaginaire n'était pas si infondé.



cigarieres-B.jpg

Mes cigarières ont été jusqu'à 1.200 à travailler là. Vous souvenez-vous de la marque la plus répandue, la Bastos Bleue ? Ou de la plus "aristocratique", la Bastos Blanc ?











ertf.jpg



En préparant cet article j'ai rencontré la gravure qui suit et date de 1855; celui qui la publie indique l'emplacement de l'usine au même endroit dès cette date.



Oran1855.jpg

En fait Jean Bastos aurait eu une première manufacture rue de la vieille mosquée mais à l'époque il avait un concurent, installé sur près de 3.000m. carrés rue de l'Industrie; vous savez cette petite rue tranquille près du bd 2ème zouave dont je me demandais d'où venait le nom: et bien voilà, d'une manufacture de tabac.







La place de la république, la plus grande d'Oran;

 

 

 

la_marine_lv_2_1023.png

 




avec sa belle fontaine Aucour, un ingénieur soucieux d'évacuer les eaux usées et par suite les épidemies qui s'y rattachent; ou encore la place Kléber où se trouvait l'ancienne préfecture.




ou encore la place des Quinconces




La rue de Gênes a conservé ses escaliers.




Aujourd'hui ne survivant que dans les coeurs, depuis la mer, la Calère disparue.




Le ravin Ras el Aïn, le long duquel à ses débuts, Oran a pris son eau et fait pousser ses légumes.


 





La porte d'Espagne richement ouvragée.





Fontaine espagnole de la place Emerat,
elle aurait disparu.





cathédrale Saint Louis



porte du Santon





rue d'Orléans








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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 00:00

   


 Gambetta

 

 


Comme vous le constaterez , je n'avais de Gambetta qu'une connaissace limitée à la périphérie ouest et nord; cet article a utilisé le repertoire de blogs "gambétiens": Place Fontanel, Nobeline, HLM gambetta et Cité des Jardins. Qu'ils en soient remerciés.


Une fois parcourue la très longue rue d'Arzew puis passé le stade Turin qui portera plus tard le lycée de filles Ali Chekal et la cité La Fontaine, ...





...la non moins interminable rue de Tunis; du moins me semblait-il pour l'avoir quelquefois parcourue à pieds, encore que la photo qui précède, avec son long mur et le château d'eau me rappelle plutôt l'avenue des Falaises.???
Mais le plus souvent, d'autant que nous étions chargés comme des mules, le trajet se faisait dans l'un de nos brinquebalants tramways.







Jusqu'à cette vaste esplanade qui faisait suite à un pont du chemin de fer. C'était encore ce type de tramway mais avez-vous remarqué cette tour Eiffel en miniature dans la villa limitrophe ?
Comme le montre le plan ci-dessous, c'est à cette esplanade que prenait leur source les principales rues de Gambetta.







Mais nous il nous fallait descendre et chargés comme des mules, ahaner le long de la non moins longue avenue des Falaises (toute à gauche sur le plan), heureusement abritée par les arbres et bientôt rafraîchie par le vent venu de la mer. Quelque part dans le lacis des ruelles jouxtant l'avenue, il y avait, niché là, un des "lieux de perdition" d'Oran.




Capturemhlg.PNG

Au temps où j'avançais chargé comme une mule, la Cité La Fontaine n'existait pas mais comment ne pas la mentionner avec tous ces anciens qui se sentent gambétiens ? Et puis c'est un de mes oncles qui en a été l'un des architectes et à l'époque elle était la plus haute tour de France !





Au bout de l'avenue c'était la falaise et de début du camino pour Navalville.

 

 







On pouvait suivre le bord de la falaise jusqu'au bas de cette photo: le boulevard et les constructions n'existaient pas alors; mon cabanon se trouvait à l'à-pic du poteau télégraphique 100 mètres plus bas.





Pas plus que n'existaient les H.L.M qui deviendront une des parties les plus animées du quartier.
 





Haut-lieu du quartier: la place Fontanel.

Deux parmi les rues les plus vivantes: A.Dumas à droite et Nobel à gauche




Telle une peinture abstraite, la façade du 18 de la rue Nobel.



L'école des garçons.









Le cinéma Lido jadis.

scenes_de_vie_2230.pngLe boulodrome ...

L'usine Ducros était la plus importante de Gambetta




La villa Ducros


La Cave Gay était l'une des plus importantes coopératives viticoles d'Oran.



Une boulangerie bien connue rue Guynemer.


Au Pont, un café très couru sur la gauche.







Place Gambetta




L'église St Paul relookée.



L'hôtel Sheraton, bien situé il n'en a que plus d'allure.




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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 00:00




  Saint Eugène




Que je connaissais peu ce quartier sinon une infinie ligne droite qui commençait à monter avec l'avenue de Mostaganem






 puis continuait, en rue principale bien au-dela de la place, jusqu'à Alger si on voulait. 

A ce propos, je regardais ce quartier avec les yeux de Camus évoquant St Eugène d'Alger, que je n'avais pas plus visité mais que j'imaginais au travers des descriptions que le philosophe en faisait; un univers de petites maisons modestes et basses, rarement d'un étage et je m'attendais à tout instant à apercevoir une vieille femme menue balayant le trottoir devant sa porte ...

Sinon il y avait bien une place,






avec un marché,





on se souvenait d'un beau moulin,





de deux cinoche l'Alhambra et l'Olympia, piteux à voir aujourd'hui









mais ce qui faisait le prestige de St Eugène c'était le sport:
le Baskett , surtout les garçons mais aussi les filles




le Foot aussi



et le cyclisme, surtout des grimpeurs ...





l'Hippodrome,




les Castors, dont on ne pouvait imaginer sans rire la façon dont ils avaient construit leur maison.


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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 00:00

 

 

 

 

 

 

Le quartier d’Eckmülh


 

 

Sans doute le quartier le plus peuplé et le plus étendu de la ville. J’y ai passé mon enfance puis, durant mon adolescence, j’y revenais souvent…

Une petite place bien ronde, la place Noiseux, constituait mon univers avec son jet d’eau de type andalou et sa bordure d’arbres … Des ficus, je crois, qui nous armaient de leurs boulettes …

 

 

EK-d--08--Eckmulh.jpg

 

 

 

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Aujourd'hui les ficus ont forci, la fontaine en fonte a disparu et le jet d'eau central est modifié...

 

Dans sa ceinture d’immeubles et de bâtiments, on trouvait d’abord l’ensemble de l’école primaire et maternelle Georges Lapierre … Avec son horloge qui égrenait tous les ¼ d’heures …

 

 

EK-d--05--Eckmulh1.jpg

 

 

 

 

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L"école G.Lapierre a choisi une peinture grise plutôt tristounette...

 

Cinq rues rayonnaient à partir de la place …En tournant vers la droite de l’école on trouvait la rue Lallement qui menait aux champs Protin, haut lieu des concours de bilotchas en période Pascale …

A l’angle de cette rue, face à l’école, se trouvait l’épicerie de ma grand-mère … Lorsque j’avais une dizaine d’années, Mémée en avait près de 80 (la retraite à 55 ans n’existait pas et elle coulera à la proue de son magasin à 92 ans) … et déjà son chiffre d’affaire se faisait essentiellement par la vente des bonbons aux écoliers ; c’est dire l’animation que connaissait le magasin à la sortie mais surtout aux entrées à l’école…

 

 

 

Capturenjhy.JPG

L'épicerie de ma grand mère est revêtue d'un damier des plus pimpants ...

 

 

 

Capture

Juste après le damier, la porte de ma chambre (de notre chambre), suivi de l'entrée de l'immeuble ... Les bâtiments scolaires n'ont pas changé, par contre, il serait difficile de faire voler les bilotchas aux Champs Protin (au fond sur la photo) ...

Les photos récentes ont été prises en 2010 par Gary qui, comme son homonyme et citoyen du monde, s'avère un fabuleux marcheur (et photographe tamien !) ...


En 4ème à Ardaillon, le professeur de français, Mme Depiris, donnait chaque année comme sujet de rédaction : «  Décrivez un personnage remarquable de votre quartier. »…Lors de mon passage dans sa classe 2 devoirs avaient choisi ma grand-mère, ceux de Juan et de Bensoussan et le professeur remarqua que chaque année il y en avait au moins un la concernant…

Peu après le magasin on trouait un petit commissariat discret puis une boulangerie bordée

 par la rue d’Auerstaedt…Tout un pan ensuite délimitait une tonnellerie bordée par le prolongement de la rue Lallement qui menait à la rue d’Oujda.

 

 

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L’avenue d’Oujda, principale artère d’Eckmülh, menait d’un côté vers le centre ville d’Oran en passant devant le cinéma Plaza…

 

 

oran_cinema_plaza.jpg

 

…et de l’autre vers l’Ecole normale d’institutrices et plus loin les Arènes et le stade Montréal…

 

 

Ekmulh-Ecole.jpg

 

 

 

 

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Revenons place Noiseux …Il y avait encore la rue du Dr Pauly qui conduisait au Marché…

 

 

ORAN-MAI-2006-E106-ECKMUHL-LE-MARCHE-copie-1.jpg

 

 

 

…et enfin la rue Nansouty qui menait à l’église, rue de Liège, en face de laquelle se trouvait l’appartement de mon oncle.

 

 

 

eglise-d-eckmuhl.jpg

 

 

 

 

Un peu plus loin il y avait le patronage Dom Bosco et sa célèbre équipe de basket des Spartiates...

 

 

images.jpg

...à laquelle j’appartins une saison, dans les remplaçants de l’équipe minime qui comprenait alors Dura, Estrella, Tissinié,Manu Martinez …

 

Des photos récentes de la place Noiseux montrent : l’épicerie de ma grand-mère remplacée par un autre commerce, le bâtiment de l’école primaire avec son horloge, identique à ce que j’ai connu ; la ceinture de ficus conservée …Il n’y a que le jet d’au de disparu et en voie, semble-t-il d’être remplacé.

 

 

4-picture1.jpg

 

 

 

Sur l’avenue de Tlemcen, juste à l’entrée d’Eckmülh, j’ai toujours connu un building de 8 étages…

 

 

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… vigie dégingandée annonçant notre quartier… On appelait l’endroit : le Tir au Pistolet…

 

En Sicile j’ai plusieurs fois goûté leur « granite »… Cela ne valait pas notre Agua Limon et particulièrement celle que fabriquait M.Vincent …

 

 

m-vincent.jpg

 

A l’angle de la rue d’oujda et de la rue Lallement, il se tenait dans un kiosque exigu et vendait bonbons, crème et surtout agua limon…C’était le principal concurrent de ma grand-mère mais je considérais qu’il n’y avait aucune forfaiture de ma part à aller déguster son agua limon puisque nous n’en vendions pas...J’ai lu qu’il était un homme très bon…

 

En remontant l’avenue d’oujda depuis le Tir au Pistolet, le trottoir gauche de cette rue ainsi que la partie du quartier d’Echmülh qu’il bordait m’étaient presque inconnus…Lorsque je descendais à pied vers le centre ville, c’est l’autre trottoir que je privilégiais, notant à peine au passage la clinique Glaser ou l’école des sœurs…

L’âme de cette partie N. d’Eckmülh était la longue rue Joseph Oliva…

 

 

 

1988-20ECKMUHL-20RUE-20JOSEPH-20OLIVA.jpg


 

…avec son école Jean Zay

 

 

1988-20ECKMUHL-20ECOLE-20JEAN-20ZAY-20L-20ENTREE.jpg

 

…sa réplacette Charles de Foucault mais surtout, tout en haut, l’usine d’anisette Galiana …

 

 

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…derrière Carlos Galiana enfant, avec un vague air de Marcel Cerdan, se trouve mon cousin Hubert Ascencio qui était comptable dans l’entreprise …

 

 

Commentaires

 

 

En reconstruisant cet article, j'ai voulu préserver l'essentiel des commentaires en les installant ici...

 

 

Une erreur de manip et tout s'en va. Mon cher ami, d'autres dont un certain général qui a fait la plus belle manip de sa vie et nous sommes tous partis.
Nos souvenirs eux ne sont pas partis .Il nous reste que nos souvenirs et notre plume
pour parler de ce qui a été les instants les plus beaux  de notre vie.

Comment ne pas coucher sur le papier notre jeunesse dans le quartier et les rues 
d’Eckmühl. La rue docteur paully où toute ma famille GALINDO est née .Notre n° le 19 a côté du magasin de DANY et de l'autre côté le magasin de chaussures SANCHEZ plus haut 
le magasin GUZMANN où l'on trouvait tout ce que l'on voulait pour la maison .
en remontant la rue jusqu'à l'école et la place noiseux .
Cette place NOISEUX lequel d'entre nous n'a pas joué avec les boulettes à la sortie de l'école .Je viendrais plus tard vers le marché avec votre aide peut -être ? 
Les glaces entre les gaufrettes que l'on lapait rapidement avant qu'elle fonde
sur nous . Mm ASCENCIO et son magasin a côté du commissariat . Plus loin la boulangerie ROCA 
En descendant à gauche la rue qui allait vers l'avenue d 'OUDJA je vous laisse le soin de me dire le nom de cette rue où il y avait un kiosque à journaux . 
Toujours vers le marché il y avait la maison de Mr THIER et ensuite la blanchisserie 
qui ne cessait de lâcher des Gets de vapeur dans un bruit qui nous était familier

A d’autres souvenirs mes amis

Commentaire n°2 posté par GALINDO JEAN- ROBERT le 13/09/2009 à 10h51

Bonjour
Je cherche à trouver la maison de ma grand mère à Eckmul, la villa aiglon en face du marché couvert, à côté du cinéma.
Est ce loin du centre ville d'Oran?
Merci de vos réponses
Commentaire n°4 posté par daniele le 13/09/2009 à 19h28
3/4 kms de la mairie... Rien concernant villa aiglon...amitiés José

Bonjour,

Merci pour ces photos et commentaires qui font affluer du fond de ma mémoire de belles images et une éternelle nostalgie.

Je suis née au 9 avenue d'Oujda entre la clinique GASSER et l'école Jean ZAY mais plus précisément entre l'épicerie de Mme Poiriault et le café Carbonnel.

Je suis la 7ème d'une fraterie de 9. Mon père travaillait à la SCHELL et maman trouvait encore la force de faire  quelques heures de ménages chez Mme GIROUX la directrice de l'école Jean Zay. Hé oui, les fins de mois difficiles obligeaient les aînés à quitter l'école et à travailler. L'une de mes soeurs était ouvreuse le dimanche au cinéma "Le  Plazza".

Mais qu'importe, nous étions heureux même quand nous devions partager 1/4 de pâté à 11.

Quelle joie quand nous devions prendre le car dès 5H du matin pour aller à la plage,malgré le sable qui saupoudrait à l'heure du déjeuner nos assiettes faisant croquer sous nos dents" la frita" , la salade de tomates et poivrons grillés, le pain tartiné de saubrassade,les olives "crespo".

Quel bonheur à Pâques de monter en famille à SANTA CRUZ déguster la mona, voir mon père et mon oncle boire "à la gargoulette" du vin frais, regarder ma mère assoupit goûtant un bref instant de repos malgré  toute cette marmaille qui refusait de faire la sieste, autour d'elle.

Une phrase résumait cette harassante journée et elle résonne encore à mes oreilles :

 "Donde vas ? A LA MONA ! A LA MONA ( ton trés excité)

"Donde vienes ? de la monaaa de la monaaa (éreinté)

Faut dire que l'aller-retour se faisait à pied, chargés comme des ânes !

J'arrête là mon bavardage en espérant que vous aurez  pris autant de plaisir à me lire que moi à me raconter.

Amitiés. NICOLE;

 

 

 

Commentaire n°8 posté par MARSAL le 20/07/2010 à 16h23

J'ai vécu à Oran de 1954 à 1959 .

J'ai été à l'école Georges LAPIERRE,puis au Lycee Gsell. J'ai habité cité Protin et rue de Tlemcen . Je cherche des photos de la cité Protin

Bises

Commentaire n°9 posté par Pétra Marie le 28/07/2010 à 14h20

Bonjour Marie,

Je n'ai pas de photo de Protin mais j'en ai vu une fois sur le Net, particulièrement celle de l'immeuble rouge qui faisait angle avec l'avenue Albert 1er ... Mais je n'ai pas de coordonnées pour ces photos... Cherchez bien... Bises aussi.

Réponse de José le 29/07/2010 à 07h44

bonjour, je suis Daniel Bouaziz, mon père avait une usine de meubles JO-BOIS face à la nouvelle poste à ECKMUHL  78 avenue d'Oujda j'aimerais bien avoir des nouvelles de la famille Galiana merci

Commentaire n°10 posté par Daniel BOUAZIZ le 25/08/2010 à 11h35

Bonjour Daniel ... Je n'ai, sur la famille Galiana, que ce qui se trouve dans mon article ... Par contre vous ne serez pas déçu en allant visiter le blog " Oran de notre enfance "... JO Bois, c'est sur que cela ne m'est pas étranger mais ma mémoire ne va pas au-delà ... amicalement 

Réponse de José le 29/08/2010 à 18h46

Bonjour,

je suis né à Eckmülh, rue Colonel Driand, en 1948... mais, parti bien vite sous d'autres cieux (travail de mon père obligeant) je n'y suis revenu qu'en 1953 pour quitter définitivement cette ville et ce pays en 1954. Ma famille, Pastor, habitait rue Noiseux, ma famille Lopez, Alcaraz, Bernard rue J Oliva... Mes parents m'ont parlé du commerce tenu par votre grand-mère où ils allaient acheter 5 sous de bonbons dés qu'ils le pouvait. Mon oncle Louis Baysset fréquentait Don Bosco et ma soeur, l'école Jean Zay... Nous avons donc les mêmes noms en repères d'enfance... Si au hasard de votre site vous trouvez quelqu'un ayant des photos de la rue Colonel Driand ou du patronage et de ses animations... Avec mes remerciements pour la clarté et l'intérêt offerts par votre site. Cordialement . Clozel-Baysset

Commentaire n°11 posté par Clozel-Baysset le 06/09/2010 à 18h51

merci de votre message, je suis toujours ému quand on évoque le souvenir de ma grand mère et de son épicerie de la place Noiseux ... c'st vrai que nous avons des repères communs mais ces rues, ces places que vous évoquez, je les ai arpentés 11 ans avant vous ... aussi les noms que vous me donnez sont bien répandus, sauf le vôtre mais je ne le connaissais pas ... L'important sans doute, c'est de pouvoir se retremper quelques instant dans l'histoire d'Eckmülh ...amicalement.

Réponse de José le 07/09/2010 à 12h12

J'ai été ravi de revoir ce quartier de toute ma jeunesse. J'habitais avenue Jules Ferry et bien sûr j'allais à l'école d'eckmühl. J'achetais chaque jour un pirouli à un franc chez votre grand'mère. J'ai eu comme instituteurs Mlle Rosie (CP) Mme Bouche (CE1) Mr Lapprand (CE et CM) et je ne me souviens plus de l'institutrice du CM2. Merci pour toutes ces photos

Commentaire n°12 posté par robin jean-marc le 15/10/2010 à 14h01

Ah les piroulis ! Moi qui les servais, malgré le papier cellophane qui les entourait, avec la chaleur il leur arrivait de coller ... Je revois me semble -t-il la petite Melle Rosie mais ensuite j'ai continué à l'école ND de france car nous habitions le centre ville ... Merci pour votre pensée pour ma grand mère ... Amicalement.

Réponse de José le 15/10/2010 à 18h58

je viens de decouvrir ce site en regardant ces photos et les commentaires les larmes me sont venues le patron de petit kiosque  a l angle de l avenue d oujda s appelait mr salanon que nous appelions mr vincent c etait l ami de tous les enfants du quartier  mon pere avait une boucherie dans le marche et une autre rue marie feuillet n°19 peut etre que nous nous connaissons

Commentaire n°13 posté par pitchon bernard hier à 16h17

Bonjour Bernard,   Non je n'ai pas le souvenir de t'avoir connu jadis...mais que nous nous soyons croisés dans l'une des rues d'Eckmülh, cela probablement.... cela me surprend toujours autant, depuis 4 ans que mon blog est ouvert, de recevoir des commentaires d'écumuliens qui me rendent visite pour la 1ère fois ... Plus longtemps nous serons là pour témoigner de la belle oeuvre que les Pieds Noirs (je ne dis même plus la France) ont accompli en Algérie et plus la conscience tranquille on pourra partir ... Amitiés.

Réponse de José aujourd'hui à 09h53
Les commentaires à venir doivent  être rédigés à l'emplacement habituel sur la page de blog
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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 18:01

 

Les quartiers Sud




C'est la région comprise dans l'angle défini par les boulevards Mascara à l'Ouest et Hippolyte Giraud à l'Est et leurs prolongements.
On y trouve les quartiers de Lamur, Liautey, Médioni, Choupot.
Cette zone comprend des établissements et des réalisations de tout premier plan mais comme je ne suis pas familier de ce territoire mes commentaires seront réduits.



Le cimetière de Tamasouët




L'allée centrale telle qu'on l'a faite admirer à Chirac lors de son passage.
Mais le reste ...




Le Jardin public

Je n'y suis jamais allé, aussi me contenterai-je des vieilles photos qui suivent.








Les Halles de gros.

 

On les voit ici depuis le stade de foot de Choupot. Il y a 2 ans elles ont été transférées sur l'ancien site de Ponts et Chaussées de La Sénia car le bâtiment menaçait ruine.


En 1942 un cargo est obligé de délester sa cargaison de bananes à Oran; bientôt la ville se met en marche vers les Halles munie des moyens de transport les plus divers.

Nous, c'est ma poussette et au retour vers Eckmuhl, je disparaissais sous un énorme régime; il paraîtrait que je commis maints larcins et jusqu'à l'indigestion.



Les sebkhas


Encore plus au sud de la ville, ces étendues d'eau saumâtres dont je ne veux, ici, rappeler que l'existence.

 






Parc de la Foire




Palais des Sports






Stade Fouques Duparc






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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 18:01



  ...autres quartiers



Je les ai trop peu connus pour pouvoir les présenter, aussi vais-je me contenter de les nommer afin de permettre de les rechercher sur d'autres sites du Net. Ce sont :

. le quartier juif,

. St antoine et Sananès,

. Cité Petit, Choupot, Brunie,

. Boulanger, Maraval,

. Médioni, Lamur,

. le Village Nègre,

. Delmonte, Victor Hugo, Carteaux

. le Plateau, Miramar
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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 17:00

 

 

 

 Une odeur de soufre!

 

 

 

On ne va pas parler des soufre-douleurs...encore que...

Encore que mon cousin Georgeot en était un mais saouar si c'était parce qu'on le faisait soufrir ou bien pour l'inverse ?

Deux mots encore sur Georgeot qui le mérite bien, reposant comme il l'est dans ce Lézignan-Corbillard.

 

La sage-femme manquait de doigté au point qu'elle lui tordit définitivement un bras ... et un manchot chez nous ça ne pardonne pas... moins qu'un tartajosso ou qu'un biscoucou, bien sûr...car l'autre bras il peut cogner !


C'est ce qui se produisit avec Georgeot et même mieux encore : il devint mahousse mais vraiment mahousse au point que d'une boffeta, il envoyait un pion s'écraser à dix mètres ... disons cinq mais l'ennui : aux pieds de l'abbé Garcia directeur de ND de France. Prudent l'abbé maintenait l'illusoire protection des quelques marches de la cour haute, il avait trop tard entendu dire que j'étais le cousin de king kong ... alors qu'à quelques jours de là il m'avait fouetté ( eh oui - n'en déplaise aux idôlatres - l'abbé Garcia m'avait fouetté et déchiré le bas du pantalon golfe que maman venait de tailler dans un vieux coupon acheté rue des Juifs ... Le prétexte : un bon élève ne commet pas de fautes à la dictée !!!

J'avais rien dis à Georges... A force de me défendre j'avais plus un seul copain de ma taille, à force de me faire gagner - en particulier grâce à son soufre magique -, plus personne ne jouait avec moi.

 


"As-tu vu l'nouveau pion, pio pion pion ?

 

 

 

... il en a pris plein la calbasse pion pion pion ..."

 

C'est sur l'air cher à Noël Noël dans la Cage aux Rossignols, que nous fredonnions tous alors, que la farce a continué ... Que le drame s'est poursuivi, devrais-je dire.

 

Sans bouger de son perchoir l'abbé, du menton fait signe, aux quatre surveillants regroupés à ses pieds, de s'emparer du trublion ... Un pion esquisse un pas, que déjà le Georgeot s'envole ... S'activant des mains et des cuisses il s'éleve le long d'une des colonnes supportant, alors, le dortoir ... déjà il est à plus de deux mètres.

 

Ce pion esquisseur était nouveau, un biscoucou ...Fort de l'appui de l'autorité moral qu'il sent derrière lui, il dit à ses collègues:

- Aidez moi donc!


Déjà il se retrouvait à près d'un mètre cinquante ... Lui aussi s'activa des pieds et des cuisses et bientôt parvint à portée de saisir la cheville de mon cousin ... mais c'est son pied violemment propulsé qu'il reçut en pleine tronche ...

... vous savez-bien  que "biscoucou" signifie  qu'on porte des lunettes ? ... Vous savez aussi qu'en ces temps là le plastique n'existait pas et que les verres des lunettes étaient ... en Verre !

 

Heureusement le corps du pion a coulissé le long du poteau et c'aurait été encore moins grave si ses copains avaient tenté d'amortir la chute ... Toujours figé sur son blockhaus, l'abbé épiait une éventuelle descente de Georgeot ... L'autre hurlait comme un putois, encore que le putois n'existe pas en oranie ... je le saurais.

 

Ce qui n'existait pas non plus c'est le SAMU, nous avions notre bonne grosse et blanche d'infirmière qui, par sixième sens interposé, rappliquait avec sa mallette

en fer blanc  ... d'une cornée elle extraya une étoile sanglante (petite licence pour rappeler qu'étoile se dit "estrella" ) ...

 

La suite est bénine: le téléphone arabe l'ayant alerté, ma tante arriva, défaite de traits et dans son habillement.. Mon cousin coulissa le long de son poteau et se précipita vers elle et bloquer ce pan de blouse qui laissait entrevoir une cuisse ... Très vite ils s'en allèrent.

 

Georgeot fut renvoyé mais avant de quitter la cour il adressa à l'homme en noir un signe que les égorgeurs de moutons du Village Nègre auraient pu apprécier ...

 

Je n'ai plus eu d'ennuis mais revenons à notre soufre.

 

(il s'agit là d'un récit de fiction, tacitement entretenu par Georges et moi-même au cours des ans, au point d'en être "plus vrai que vrai").

 

 

... dassin le tas!

 

N'entendez surtout pas dans ces hurlements une quelconque alarme prévenant l'arrivée d'assassins, voire de spadassins, décidés à s'emparer de nos trésors ... Non, la petite merde jetée sur le trottoir, qui hurle comme un putois, nous invite à dépenser nos pignols à tirer son tas plutôt que celui du voisin, moyennant un noyau de plus en cas de succés: on remporte le tas de quatre plus le pignol vainqueur ... ce qui fait: " le tas d'à cinq, le tas d'à cinq ... d'à cinq le tas"!!!

 

J'aurais du vous prévenir qu'on entre en pignol comme en religion mais sans foi ni loi ... Comme vous verrez ...

Commençons par le début, comme j'aurais du faire si ce p... de putois ne hurlait pas si fort ... Heureusement qu'à Oran ya pas de putois.

 

De vous avoir entraîné dans les méandres de ma déliquessence mentale était le seul moyen de vous permettre d'entrer dans le monde des pignols tout comme Harry Potter s'engouffrant dans un pilier de la gare: un pignol est le noyau d'un abricot !

 

On commence à les stocker avec le printemps... à les nettoyer, les sécher, les limer pour effacer les aspérités mais aussi éliminer les creux dont l'amande est desséchée, réviser les petits sacs de jute qui engrangeront nos butins ... Quand au coeur du fruit savoureux on met à jour une Mère, il faut l'avoir totalement apprêtée pour savoir si elle sera notre championne pour la saison ... que d'angoisses ensuite pour la protéger  ... ou la reconquérir.

La petite chose par terre a disposé trois pignols en triangle chapeauté d'un quatrième ... il a la prétention d'imposer à partir d'où l'on pourra tirer ... Il n'avait pas aperçu Georgeot qui arrivait ...

 

 

 

 

 

 La Mère Pignol


 

N'allez pas imaginerqu'il s'agisse là d'une cantinière des troupes napoléonnienne en déroute ou encore de la serveuse complice de Fanny et Marius ... C'est un noyau d'abricot considérablement plus gros que les autres  ... que l'on a parfois la chance de découvrir sous une peau anodine ... ou encore qu'on a gagné de haute lutte dans les combats quotidiens ...Dans ces cas là on les découvre bichonnées, pinturlurées car elle aura été la chevalière servante de son propriétaire, en même temps que le (la) Hérault , enlevant les gains après chaque défi sous la face hilare de son maître qui se contente d'empocher les pignols.

 

Mais alors la tête qui fait cui là quand il perd sa Mère !!! ...Car il peut malgré tout la perdre, surtout quand c'est au tour de Georgeot, approché en catimini, de jouer !

 

Un trait au sol à 1 mètre d'un mur ... En retrait de 5cm le propriétaire de la Mère dispose celle-ci verticalement sur sa partie la plus pointue ... S'il pouvait avec les dents creuser le bitume pour mieux enfoncer le pignol, qu'il le ferait le bouseux !!




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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 17:00

 

 

La maison close de la Cressonnière

 

 

 

A Ardaillon, les jeudi après midi pour les collés restés emprisonnés, il y avait, dès le début de l'après midi, un spectacle délicat et sans cesse renouvelé, depuis les salles des classes donnant sur le bd Paul Doumer ...

 

Il s'agissait de dames, plutôt jeunes et bien vêtues qui par groupes de trois ou quatre, jamais plus, semblaient apprécier de se promener au grand air ... En fait elles arrivaient en taxi, se faisaient déposer à la hauteur du musée Demaeght et rejoignaient ensuite, un peu plus haut que notre Lycée, le laboratoire du Dispensaire où on leur refaisait une virginité ... médicale!

 

 

 

La visite terminée, les taxis renmènent ces élégantes vers le leur lieu d résidence et le plus souvent de travail aussi ...

Un gros contingent va rejoindre ces rues en pente reliant la Place d'Armes à la Marine comme la rue de l'aqueduc (à droite sur la photo) ...

 

 

 

ou la rue de Friedland rendue aujourd'hui inaccessible par l'accumulation des immondices.

 

 

Dans ces rues là, les dames logeaient dans des chambrettes mises aimablement à leur disposition par de jeunes hommes maigres, à la fine moustache, au foulard serrant le cou ... ou bien elles vivaient à plusieurs dans un appartement régi par une ancienne, la Mère Maquerelle, comme l'inoubliable Rosette de la rue Friedland.

 

Aujourd'hui, paraît-il, ces dames "péripathétisent" autour de la Place d'Armes ou bien, tout comme en Europe, "stabulent" dans des studios avec téléphone et ordinateur quand ce n'est pas dans des salons de massage ou des clubs discrets.


 

 

En d'autres endroits de la ville, dans les quartiers, existaient des petits boxons que l'on pourrait qualifier d'artisanaux ... Tel celui de Gambetta qui se blotissais dans une des petites rues jouxtant l'avenue des falaises. Minuscule habitation qui devait retrouver, hors la nuit, sa destination première ... Quelques mètres carrés de cour cimentée puis dès la porte un petit corridor avec, à droite une chambre d'ébats, anonyme et, pour sûr, à utilisatrices multiples ... et à gauche la pièce d'accueil, modeste et étriquée avec, jamais plus de deux hôtesses qui pouvaient jouer les serveuses en B.A.O si vous aviez soif ... Un engagement scellé, c'est dans le corridor que se réglaient les aspects financiers.

 

 

 

Et puis il y eut la maison close de la Cressonnière!

Mais d'abord situons celà ... Sur la photo ancienne ci-dessous ...

 

 

Captureyuio.JPG

 

 

...la vaste pente au centre correspondait à la cressonnière.A l'époque qui nous intéresse, c'est-à-dire dans les années 50, sa surface s'était réduite comme peau de chagrin avec le prolongement du Front de Mer.

La maison close était fichée au mitan de la pente des glaises, telle une échauguette surveillant la rade ... Je ne peux envisager que la construction située en bas à gauche, après les soutènements de la nouvelle rue du Port, puisse être le site de l'ancêtre de la maison close mais c'était bien le même type d'implantation ...Comme je ne peux imaginer qu'en descendant les sentiers qui parte de ce site,

 

 

 

on aboutisse, avant la construction de cette partie du port,à la célèbre "playical'nabos" augure,s'il en est, de la Maison Close à s'installer plus haut.

 

 

 

 

 C'est quand j'eus atteint cet âge inéfinissable entre "p'tit con" et "jeune chien", qu'un de mes amis juif se mit en tête de mettre à mort mon pucelage ... Car, qu'on se dise bien qu'en ce temps là il était peu aisé d'y parvenir sans aide ...

 

Nous laissant guider par la sinueuse rue de la Mina, mon copain Jacky et moi débouchâmes en face des silos du port ...

 

FM-a--08--Bd-Front-de-mer.jpg

 

 

Plus bas , sur la pente des glaises s'élevait une maisonnette d'un étage, complètement isolée, que je n'avais pas remarqué jusqu'ici ... Un cheminement de sentiers et d'escaliers en fer la reliait à la rue de la Mina.

 

La porte s'ouvrit sur une grande et unique pièce avec tables, chaises et ,déjà, plein de clients ... En face, un long bar surplombé par un escalier rectiligne qui montait à l'étage ...

 

Certains prétendaient que le boxon appartenait à un de ces grands juifs à gabardine dont Roger Hanin popularisait la silhouette à cette époque au cinema ... Jacky qui savait tout:

" Mais non, c'est un corse du nom de C. ... D'ailleurs il vient d'arriver, regarde près de la porte..."

 

Balaise pour sûr mais pas si grand que çà ... avec l'air le plus avenant du monde ... aucun risque de confusion avec Hanin... Chaque année il accepte d'être parrain d'un ou deux lardons acccouchés par des protégées et il en a même adpoté une qui a maintenant 16 ans et lui cause bien du souci ...

 

Passant devant notre table, petit salut amical à mon copain: " Jacky ! ... il a bien l'âge ton ami ?????"... et il passe.

 

C'est alors qu'une vaste et grasse main me saisit par le col : la Mère M., une immense blondasse aux lèvres comme des entrecôtes: "Viens avec moi Pingouin que je te réchauffe ..."

Après le passage obligé par le bar, nous voici au milieu du grand escalier quand la blondasse s'arrête et minaude :

" As-tu pensé à mon p'tit cadeau ?

La honte !!! ...dans mon vieux porte-monnaie ne subsiste que de la mitraille ...

Elle s'en saisit puis se tourne, hilare, vers la salle à ses pieds:

"Un napalm ! J'ai dégotté un napalm ! s'exclaffe-t-elle hilare.

La pauvre voulait dire "nabab" mais c'est vrai qu'en cette fin de présence des US au viet nam, le nom de cette arme s'entendait souvent.

 

Quant à la suite de l'histoire, comme le dirait aujourd'hui un personnage contemporain: "Cela relève du domaine privé !".

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 


 

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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 15:33




La rue d'Arzew


Quelle que soit l'estime que nous portions au général Leclerc, nous n'avons jamais pu nous résoudre à appeler notre rue autrement que d'Arzew.
Nous l'avons vu se terminer Place des Victoires avec le "Boulevard", eh bien, regardez la commencer, à presque 2 kms de là, au niveau des grandes Galeries et pour ce qui est de " faire le boulevard, voyez l'affluence sur les trottoirs ...



  A partir de 17h. c'était tous les jours comme ça, été comme hiver... Seules les brutales averses clairsemaient le flux mais il y avait suffisamment de porches, de stores et de passages pour s'abriter et bientôt le flot joyeux reprenait !
Cela ne datait pas de ma génération, voyez ci-dessous celle d'avant-avant au même endroit !





... Et moi Tarambana j'ai grandi juste au milieu de tout ça ! 

En ce même croisement avec le bd Séguin, l'immeuble à côté de chez Bata est devenu l'hôtel Winsor.   Et Storto habille toujours bien.




 


L'immeuble des Galeries de France ???



 



Notre petit appartement se trouvait pratiquement au milieu de la rue d'Arzew, à hauteur de l'école Jules Renard. Mon goût pour l'Histoire et les Beaux Arts vient sans doute en partie des fresques imitées des Jean Goujon dont on décora ses murs alors que j'étais enfant.










 


photos récentes, on voit le Rialto.

On les voit toujours, de même que le nom de Jules Renard dont on sait qu'il fut un écrivain caustique et irrévérencieux, une sorte de Cabu avec des caricatures en mots ... Est-ce innocent ou voulu que le régime ait conservé le souvenir de ce français là ? Un peu plus à droite, vous apercevez un immeuble de 5 étages, en 1948 c'était pour moi l'un des buildings de la ville.





Eh bien, juste en face, au premier étage , se trouvait la fenêtre de notre petit appartement, au-dessus du store bleu).



 

 


L'immeuble faisait l'angle avec la rue Pélissier par laquelle nous entrions; un peu plus bas se trouvait la rue de la Bastille dont je parlerai bientôt.

Revenez à la 1ère photo, c'est à l'endroit où se trouve la personne voilée que j'ai le souvenir d'avoir vu pour la dernière fois Germain vociférant contre des "niches à poux" encouragé qu'il était par quelques adolescents hilares ... C'est aussi à ce niveau que je me souviens d'avoir admiré " la plus belle" encore plus belle, bras dessus bras dessous avec une faire valoir... Mais ceci est une autre histoire où plutôt d'une autre rue, d'une autre place.

En face c'était le magasin de jouets Gibal ou avec le fils de la maison, nous  avons testé pas mal de jouets avant le consommateur final. A toucher l'immeuble de 5 étages, c'était le magasin Radiola qui avait en permanence un ludion dans la vitrine et à côté une quincaillerie où j'achetais mes articles de pêche.

En dessous de mon balcon se trouvait Aboab le fourreur dont le fils, dans la cour du patio à ciel ouvert de l'immeuble, à mains nues, sur de drôles de formes façonnait le feutre des élégants chapeaux de ses vitrines. Puis il y avait un opticien suivi d'un autre marchand de jouets puis un magasin de turon avec, mitoyen, un couloir d'immeuble que nous dégradions sans scrupules car il recelait une mine de "soufres" pour nos parties de pignols.

Ceux de ma génération sont passés tant et tant de fois devant ces enseignes que leur évocation ne peut pas les laisser indifférents.Comme par exemple celle du Clichy, le bar emblématique de la rue.







Et un peu plus bas dans la rue de l'Artillerie, le cinéma Colisée où je vis mon premier film à épisodes: "Dick Tracy à la poursuite du crime" !



En diagonale de ce croisement, l'immense cinéma Régent dans lequel nous attendions, maintenus dans l'obscurité, les premières mesures de "One, Two, Three o'clock rock " qui lançait le film Graine de violence en même temps que le Rock and Roll .



 



A partir de ce croisement, sur le côté des n° impairs, commençaient des arcades qui se dérouleraient sur 6/7oo mètres jusqu'à et au-delà de la place des Victoires.











     Ce qui rendait ma rue inégalable parmi les autres rues, boulevards et avenues d'Oran, c'était son mouvement perpétuel, qui enflait à certains moments comme celui du" boulevard" mais ne cessait vraiment à aucun moment de la journée et de la nuit.
    Je ne parle pas seulement des êtres vivants mais aussi des véhicules; quand on disposait d'une voiture, quoi de plus jubilatoire que de descendre le"boulevard" lentement, glaces baissées, de se faire remarquer des lolitas puis d'aller vite se garer pour venir, à pieds, compléter le travail !


 


    Pendant plusieurs années, le plus fantastique, sympathique et familier de ces véhicules a été le TRAMWAY. Voyez son allure; ne vous rappelle-t-il pas ceux qu'on peut encore voir en Amérique latine ou à San Franisco? Brinquebalant et se traînant avec des grappes humaines accrochées aux portières?


 

    Eh bien, c'était exactement cela avec en plus le bruit de jolata,de ferrailles qu'on traîne mais que malgré la proximité de ma chambre je ne percevais plus, sauf peut-être parfois dans le petit matin.
    On les remplaça par les trolleybus, souples et discrets. Les pavés de la rue furent recouverts de macadam mais ce qu'on gagna en silence,on le perdit certainement en ambiance de fête permanente.



 

    Notons qu'il ne fallait pas à nos anciens des années et d'énormes budgets pour installer leurs lignes de tramways.    

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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 15:32
Rue de la Bastille


Depuis la porte cochère de mon immeuble de la rue Pélissier, il suffisait de descendre une soixantaine de mètres pour recouper la Rue de la Bastille qui s'étendait parallèlement à la rue d'Arzew, entre la place de la Bastille et la rue du Colisée dont j'ai parlé plus haut.

C'était là le grand marché aux produits frais de la ville, permanent car chaque matin renouvelé. Sur 3 à 400m., de façon continue, les commerces fixes au rez-de-chaussée des immeubles, les vendeurs des quatre saisons sur les trottoirs et au milieu de la rue.
A regarder les photos qui suivent les choses n'ont pas tellement changé.




Voici aujourd'ui, côté Colisée que l'on aperçoit à gauche, un des bouts de la rue.




Presqu'au même endroit voici une rue de notre époque; ce n'était pas la zone la plus animée.






    Toujours d'époque voici le carrefour avec la rue Pélissier.
    On y voit le marchand de bonbons et turon puis, store baissé, un marchand d'huile et de poissons salés et peut-être, juste à côté le plus célèbre fabricant de longanisse d'Oran ...
    En face le passage couvert Clauzel qui reliait à la fois la rue d'Arzew et la rue Pélissier. Le sol était dallé d'une marqueterie de carreaux et je m'étais inventé une sorte de marelle que je ne manquais jamais de tressauter. Il y avait là une grande salle de gym, largement révélée par ses baies ouvertes où j'apercevais des hommes, jamais des femmes, faisant de la muscu.
    Revenons à la photo: sur le côté gauche, non discernable, notre charcutier et après le magasin de lingerie, notre boulanger.
Chez le premier, en 46 ou 47 j'ai vu pour la première fois une motte de beurre d'au moins 20 kgs et pu, pour la première fois goûter à ce produit que l'on maintenait dans une tasse d'eau pour qu'il ne fonde; les glacières n'était pas à notre portée.
    Au sous-sol du second se trouvait le four et les gens du quartier amenaient leur gratin (ou leur mounas) à l'ouvrier qui de sa longue pelle de bois les répartissait de part et d'autre de sa fournée. Je venais rechercher mon gratin muni d'une forte serviette et un jour, ainsi lesté, j'ai voulu en même temps regarder les gymnastes et sautiller la marelle du passage Clauzel ... !
    Bien entendu nous n'avions pas les moyens de nous priver de ce que j'ai récupéré sur le carrelage douteux.   





Ce qui a changé aujourd'hui ce sont tous ces étals de bibelots et de vêtements qui rendent cette rue semblable à des dizaines d'autres du bassin méditerranéen.
Avant c'était plus typé.




Par exemple, à l'angle avec la rue Lamoricière, à quelques pas de là, se regroupaient les petits marchands de poissons qui arrivaient de la Marine en triporteur mais le plus souvent à pieds avec un ou deux cageots sur la tête. Les vendeurs d'escargots, d'asperges sauvages ou de tchumbos se regroupaient autour d'eux.
En début de soirée, dans cette rue vidée, silencieuse à en paraître un peu sinistre, seul le café du carrefour conservait de l'animation.
Devant sa façade s'installaient quelques SDF retour de pêche de la Cueva l'Agua. Leur canaron de 5m. appuyé contre le mur, ils offraient à même le trottoir, sur un morceau jute, de beaux sars que des avertis comme Tarambana imaginaient pêchés à la sortie des égoûts.
Le café en question, sur le coup de midi, vendait une des meilleures calentica de la ville.



place_de_la_bastille_2199.png


Le mur aveugle à gauche: certainement le dos du cinéma EmpireEnsuite il y avait la place de la Bastille   

place_de_la_bastille_2192.pngLe passage de l'Empire entre rue de la Bastille et celle d'Alsace Lorraine ... Au fond de la photo, l'escalier monumental est condamné ...
L
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