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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 18:00



Nous appelions " Bezougue " tel qui avait tendance à respirer en permanence par la bouche, rappelant le poisson rouge collé à la vitre de son bocal ... C'était un peu péjoratif car ça recouvrait souvent, une difficulté à respirer mais parfois, se comportait ainsi celui qui avait la flemme de se moucher (ne pas confondre avec le mokosso dont le nez ne cesse de couler)...



Sinon le bézougue est un poisson allongé comme la grosse bogue


mais n'en a pas l'inconvénient de se vider dès qu'on le prend en mains; il se pêche plutôt en barque, à la tombée du jour, plutôt qu'à la côte.
En fait il ressemble à un clone du pageot, un peu moins large, avec des nuances du merveilleux lilas qui colore le pageot ... Il est presque aussi délicieux à manger que ce dernier.

Déposé dans le panier au fond de la barque, il va rester longtemps à haleter comme un " Bézougo"...
Et maintenant que nous disent les spécialistes ?

... ils l'appellent "beaux yeux " et pour le différencier voici aussi l'image du pageot




ainsi que celle de la bogue:


Lorsqu'à 10 mètres sous la "pastéra" ou le "boté" arrive le banc des bezougues, les palangrottes semblent électrisées et ceux qui les remontent tout autant ... Il faut faire vite avant que le banc ne passe ... Malgré leur défense énergique, par deux, par trois les poissons sont engloutis par le ventre de la barque ...

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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 18:00



"Tchoumbo ! "





C'est ainsi qu'à Ardaillon nous surnommions Maurice Sarfati, notre prof. de physique chimie, parce qu'il était petit et avait la silhouette d'un baril.

Tchoumbo c'était avant tout le fruit d'un cactus largement répandu qu'on désignait aussi sous les noms de "higo de palla " ou encore figue de barbarie ... Encore que cette dernière désignation soit impropre puisque le berceau naturel de cette plante est le Mexique et non l'Algérie ...Ou elle est d'ailleurs largement répandue, surtout autour des mechtas qu'elle entourait d'une barrière inexpugnable ...

Ce petit baril a l'épaisse écorce ponctuée de touffettes de fines aiguilles qui, à l'instar de l'aiguillon des abeilles, s'ingénient à se planter dans la main qui s'aventure à les toucher ... Mieux vaut laisser l'écorçage aux doigts du vendeur de rue qui saura vous présenter le fruit sans risques ...




Dire qu'il en est à aimer manger ça ! ...

Pour en revenir à Maurice Sarfati, c'était un homme qui ne parlait pratiquement pas, il se tournait aussitôt face à son tableau et écrivait, écrivait ... Apparemment pour son seul plaisir ... Quand le brouhaha de nos turpitudes parvenait jusqu'à lui, il nous faisait face et d'un air entendu lâchait ces mots, toujours les mêmes:
" Alors quoi !... Bon! "
...Puis il retournait à ses écritures...
Il ne réussissait pas les expériences de chimie qu'il nous présentait aussi avait-il choisi d'en attendre le terme avant des les commenter ... Pardon, il en commentait une qui réussissait à tous coups: il s'agissait de copeaux de cuivre qu'on mélangeait à de l'acide et qui donnaient des vapeurs rousses, du péroxyde d'azote je crois ...
Je l'ai revu une dernière fois à Lamoricière où il a terminé sa carrière et où je faisais un court remplacement; il n'avait pas changé: toujours amène et bienveillant, toujours aussi peu loquace ... toujours aussi tchoumbo.

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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 18:00

 

 

Agua ! Agua !


 

 

Environ une fois chaque semaine, dans chaque rue de la ville à tour de rôle, on entendait la proclamation: "agua!agua!" qui annonçait le passage du marchand d'eau douce car celle du robinet était franchement saumâtre... L'équipage se présentait comme suit :

...une mule, ou plus souvent bourricot, tirant une carriole débordant de grosses bonbonnes de verre protégées par leurs bandages d'alfa...Le marchand se rangeait au mieux près du trottoir et des portes cochères voisines arrivaient des femmes mais surtout des enfants, qui portant un faitout,qui une petite bonbonne...Moi c'était une bonbonne de 5l et le pourvoyeur me tendait un gros entonnoir cabossé que je tenais ferme et droit dans le goulot de mon récipient...tandis qu'il saisissait une de ses grosses bonbonnes pour me verser le précieux liquide...

 

...J'admirais sa force et sa précision...Combien pouvaient-ils être de marchands pour une aussi grande ville qu'Oran ?...Au moins une douzaine si l'on pense au temps nécessaire pour remplir les récipients des clients...

C'est vrai que tout le monde n'achetait pas d'eau douce et d'ailleurs à quoi servait-elle? Certainement pas comme boisson quotidienne car il en aurait fallu tellement plus ... Ma brodeuse de mère qui avait les yeux fatigués se faisait des bains d'eau tiède...Les rares fois où elle achetait un quart de beurre à la motte, l'eau douce nous tenait lieu de glacière...J'en suis moins sûr mais je crois qu'elle mettait à tremper les haricots secs...Il me semble aussi que Pépico la préférait pour l'anisette mais pour le café, pas question, au point que plus tard lorsque l'eau douce sera au robinet, il rajoutera une pincée de sel dans sa tasse...

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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 18:00

 

 

 

La cage-attrape des chardonnerets

 

 

 

    La cage ... Que je vous dise d'abord comment c'est une cage à chardonnerets.

    Certains vont l'acheter à de petits artisans qui viennent rue de la Bastille

 

 

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et exposent quelques exemplaires à même le trottoir. Mais la plupart des gens la fabriquent eux-mêmes ; les hommes en rentrant du travail ils adorent les bricoler et Dieu sait si c'est délicat ...
Quand je vois les énormes mains de Pépico ! ... Mais il m'avais déjà épaté quand il maniait des nylons et des hameçons imperceptibles ...

    La cage donc, elle a toujours les mêmes dimensions, très exactement car se sont des dimensions magiques pour que les oiseaux soient heureux: 10, 15 et 20centimètres. Le plancher c'est du zinc qui, par un coulissemen en dessous, se place ou se retire pour le nettoyage.Sur le côté il y a une porte que c'est à peine si moi je passe la main et dedans on installe une balançoire et deux coupelles, pour l'eau et le millet.

 

 

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Quand c'est une personne comme Mme Villanova qui a un chardonneret, en plus du millet qui surcharge le plancher, il y a des morceux d'os de seiche, coincés entre les barreaux, soi-disant pour que l'oiseau "se fasse le bec". Moi à Titiou qui adorait, de temps en temps je glissais dans sa cage une touffe d'une mauvaise herbe en graines appelée séneçon.
    C'est en une de ces occasion que Titiou s'est échappé ... Je l'ai vu faire une grande boucle dans le soleil puis revenir se poser sur la table de la véranda, à côté de moi, pour que je le remette dans la cage.
    Quel "sousto" j'ai eu ce jour là ! Que si moi je l'aime le Titiou, Janette n'est pas en reste ... Et Pépico qui en rentrant du travail, la première chose qu'il fait c'est d'aller à la cage et que, des lèvres, je t'envoie des petits bisous à l'oiseau !

 

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    La cage attrape c'est du même modèle sauf qu'il n'y a pas de plancher sous le grillage, qu'au lieu de la balançoire et des coupelles on a un petit tremplin fixé au fond et que la porte est sur le dessus, maintenue ouverte par un bâtonnet qui va s'appuyer sur le tremplin....
La cage attape est généralement placée sur le dessus de la cage contenant l'appelant ... Qu'un oiseau veuille s'introduire dans la cage attrape, obligatoirement il saute sur le tremplin et à tous coups le bâtonnet glisse et la porte claque au-dessus de l'intrus.

 

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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 18:00

 

 

 

Des vers à soie dans une boîte à chaussure...


 

 

Après 1945, le terme de JOUET n'évoquait guère pour la plupart des gamins mais nous nous créions des distractions particulièrement distrayantes dont la contemplation d'un univers de vers(!) à soie dans une boîte en carton ayant préalablement contenu des chaussures...

 

L'aventure commençait généralement par l'obtention, voire l'achat de quelques uns de ces vers - pour lesquels j'utiliserai parfois les noms locaux: couco, goussano - obtenus déjà à l'état adulte ...

 

 

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La distraction est purement contemplative, je m'en souviendrai plus tard en voyant le jardin zen d'un temple japonais ... C'est une véritable fascination que de voir la façon dont ces animaux se repaissent, sans le moindre relâchement, des feuilles de mûrier qu'on leur distribue chichement ...

 

... Car vite se précise le cauchemar de l'alimentation ... Les mûriers de l'ère industrielle, celle où la soie naturelle était reine, ont presque tous été emportés par la maladie et les quelques qui subsistent sont saccagés par les éleveurs amateurs au point de n'offrir plus que des moignons ...Le plus souvent il faut passer par des dealers ou bien alors découvrir un ersatz de nourriture...

 

Ce fut mon cas car je ne disposais pas des moyens financiers et je me rabattais sur les chutes de laitues au pied des étals de la rue de la Bastille ...

 

 

Mes coucos grossissaient allègrement sous leur robe blanche rebondie ... Je disposais de quelques exemplaires annelés de bruns qui se portaient tout aussi bien ...

 

 

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Un matin, avant de partir en classe, je jetais un regard à ma boîte et constatais, qu'au lieu de manger, mes goussanos, dans les encoignures de carton, se livraient à des contorsions bizarres, comme  s'ils priaient en se prosternant parfois ... Je finis par distinguer que chacun exsudait un infime fil brillant qu'il apposait aux parois de la boîte, tissant une toile derrière laquelle il s'enfermait ... En rentrant le soir, les cocons avaient pris forme et certains dissimulaient déjà le corps du ver ...

 

 

250px-Bombyx_mori_Cocon_02.jpg

 

 

Sous les 48 heurs ma boîte devint un désert parsemé de petits ballons blancs ou jaunâtres ... J'oubliais ma boîte morte en haut d'une armoire sans même avoir posé le couvercle...

 

Un soir, rentrant d'une séance cinéma nocturne, je vis dans ma chambre des petites bêtes qui ne volaient pas mais marchaient en agitant frénétiquement les ailes : c'étaient les papillons de mes vers à soie qui s'étaient extirpés de leurs cocons ...

 

 

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...Ils ne tardèrent pas à s'accoupler

 

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... puis pondirent leurs oeufs

 

 

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... d'où sortirent des vers minuscules et velus ...

 

 

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... qui se mirent aussitôt à manger, manger ... grandir, grandir ...


Il fallut bientôt associer d'autres boîtes à chaussures mais cela ne suffisait pas...

 

 

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Que faire ?


Un de mes copains qui habitait rue de la Mina, éleveur en gros avec son père, prétendait qu'avant qu'ils ne fassent leurs cocons, il les plongait quelques jours dans un bain de vinaigre ... Il suffisait ensuite d'écarter ce quil restait de chair pour récupérer un fragment de fil résistant et discret, excellent pour les bas de ligne de pêche ...

Hors de question! ... Pourtant le nylon n'était pas encore né ...

 

Je réussis bien à en commercialiser quelques uns dans l'épicerie de ma grand mère mais, ce fut finalement de les donner qui m'en débarassa ...

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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 18:00

 

 

 

« LES CART'LETTES ou LA TCHAPA »

 

-      Cara!

-      Cara!

                    Tout m'inquiétait dans cet adversaire, du visage impassible à l'attitude comme détachée du jeu. Cela ne signifiait pas la certitude de sa supériorité mais plutôt l’assurance du loup qui accepte de jouer avec l'agneau.

-      Crouss !

-       Crouss !

          J'étais du quartier, mais il ne me connaissait pas. Il m'imaginait sans doute issu des beaux immeubles de la rue d'Arzew. Ma rue Pélissier était pourtant une des passerelles jetées entre celle de la Bastille, habitat des gosses pauvres, et le grand boulevard qui en hébergeait de plus aisés.

 

-      Crouss !

-      Cara!

          Seulement, au lieu de fréquenter l'école Jules Renard comme tous les gosses du quartier, j'allais à Notre-Dame.

-      D'à deux ou d'à trois!

- D'à trois.              

          Sa réputation de « dur» ne me fut connue que bien des années plus tord. Malgré son aspect malingre, il possédait une force étonnante et, aîné d'une lignée de puncheurs, je crois même que lui ou l'un de ses frères représenta la France à des Jeux Olympiques. Pour l'heure, gamin encore plus maigre que moi, il ne prenait même pas la peine de disposer astucieusement les cart'Iettes sur le bord du trottoir. Les cartelettes (ou carticas)?..., des enveloppes de boîtes d'allumettes dont on n'utilisait que la face portant l'image.

 

 

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          Je pris soin de frapper latéralement pour souffler le plus d'air possible sous le tas mal disposé. Trois carticas se retournèrent, une autre tomba dans le caniveau.

 

          Le jeu consiste, pour les adversaires assis face à face sur la bordure du trottoir, en frappant à tour de rôle du plat de la main, à faire retourner les cart'Iettes disposées images contre terre. Toute image retournée est acquise, la cart'Iette qui tombe dans le caniveau est « barakette » et se rejoue. En trois coups j'avais tout raflé.

 

          Imperturbable, l'autre tira, d’un vieux portefeuille qu'il mit ostensiblement beaucoup de temps à ouvrir, une merveilleuse vignette rouge et or. Depuis quelque temps je savais qu'il en existait, apportées de très loin par ces soldats qu'on voyait encore peu et dont les sombres navires encombraient la rade. Jusqu'alors nous n'utilisions que les« Jockeys »,

 

 

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image unique de nos boîtes d'allumettes. Parfois apparaissaient, et toujours dans des mains malhabiles, quelques raretés comme les « Casques d'or» et nous n'hésitions pas à proposer jusqu'à dix « Jockeys» pour les jouer. Je possédais plusieurs «Casques d'or»

 

 

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précieusement serrés par un élastique et enfouis dons la poche arrière de ma culotte.

          Lorsqu'il me présenta négligemment sa merveille, une « Safety Matches» qui, visiblement, n'avait jamais servi,

 

 

 

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je me sentis brusquement angoissé. Allait-il vraiment accepter de la mettre en jeu? J'étais sûr de la gagner tellement il jouait mal. Je fis un gros effort pour prendre un ton dégagé

-      Je te la joue d'à dix!

-      D'à vingt.

          La transaction s'engagea. C’était pour la forme car j'étais bien décidé à accepter n'importe quel prix. A ma surprise il accepta immédiatement ma seconde proposition: « d'à douze ». La façon d'agir du garçon, ce non-respect des rites, du cérémonial, me déroutaient.

-      Crouss !

          Afin de savoir qui frappera en premier, il faut « estrimer », c'est à dire, après avoir maintenu la cartelette coincée par les tranches entre le pouce et le majeur, de la projeter en l'air en la faisant virevolter. Si elle tombe image contre terre, c'est Crouss, sinon c'est Cara et on a gagné l'entame.

-      Cara!

-      Crouss !

          C'était à lui de débuter. Je pris soin de disposer les treize vignettes suivant une technique en étoile qui m'avait toujours réussi; la précieuse étant bien entendu enterrée sous les jockeys. Nous commençâmes à jouer.

 

          Peu m'importaient les jockeys que le grand battoir de l'autre faisait voler. Très vite, sous les coups, le verso de l'objet de ma convoitise apparut. Prenant soin de frapper mollement pour ne pas compromettre l'agencement des cartelettes, j'attendis l'erreur. Elle ne tarda pas. Grisé Sans doute par fa facilité avec laquelle il accumulait les jockeys, mon adversaire tenta le «grand coup ». Il cracha dans sa main pour en humecter soigneusement la paume, creusa un peu la main de façon à faire ventouse et frappa très fort. Comme je le prévoyais, il ne réussit qu'à dégager la « Safety Matches ».

          L'occasion délicieusement et douloureusement attendue était arrivée. La cartelette isolée offrait un coup aisé mais je ne me sentais pas le droit de la gagner facilement. Je décidais de tenter une frappe tout en douceur et en appel d'air qui avait pour effet de soulever lentement la carte, de la faire hésiter une merveilleuse éternité sur la tranche puis de la faire basculer moelleusement sur l'autre face. J'étais heureux, sûr de moi et, en effet, je réussis ma frappe. L'esprit vide, ne sentant plus ma main meurtrie, je n'osais toucher ma «belle ». L'autre me ramena durement à la réalité.

-      Je te la rejoue d'à huit.

                    C'était impératif, indiscutable.

-      Cara!

-      Crouss !

               Quatre fois je regagnais la « Safety Matches» acceptant les offres, impératives mais de plus en plus dérisoires, de mon adversaire. Puis par trois fois je fis la mise, geste généreux qui consiste à remettre en jeu, gratuitement, quelques cartes afin de donner une dernière chance au perdant.

 

          Par la seule volonté de son regard, sans élever la voix, l’autre me contraignait à rejouer mes gains. L'heure passait, j'étais en retard, je frappais comme dans un rêve mais ma main, trop habile, ne me permettait pas de perdre. Dans mon hébétude je sentis plutôt que je ne vis la présence amie. Je redressais la tête. Mon regard remonta deux jambes maigres, s'attarda sur les salissures familières d'une robe et distingua enfin, en haut, le visage d'Amélia, la grande sœur de mon ami Toinou. Lut-elle dans mon regard l'affolement et la détresse qui m'habitait?

-      José ! Que ta mère elle te cherche...et qu'elle est en train de venir.

          Me détendant comme un ressort trop fortement et trop longtemps bandé, je harponnai ma sacoche, grommelai je ne sais quoi et m'enfuis laissant Amélia neutraliser l'inquiétant gamin.

 


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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 18:00

 

 

La pêche du dynamiteur

 

 

 

C’est à cet instant que je vois le sommet du rocher abrupt s’élever de la stature d’un homme …


Il était nu sinon un vague tissu lui ceignant les reins ; vieux, car pour moi à partir de quelques poils blancs on est forcément vieux ; arabe parce qu’il en était ainsi.

 

          L’homme tenait quelque chose dans les mains et, visiblement, du regard, cherchait où la lancer. Effectivement il s’arc-bouta soudain et propulsa un petit ananas gris bien loin devant lui.

Sur le moment il n’y eut rien d’autre que le « plouf » du petit ananas et dans le silence qui suivit, au point d’impact, s’éleva un geyser d’un mètre de haut qui retomba et s’effaça aussitôt.

Ce n’est qu’après que mes pieds ressentirent un léger tremblement du sable de la plage. Là-bas, depuis l’emplacement du geyser dont il ne restait qu’un amas de mousse, des vaguelettes s’éloignaient en auréoles concentriques.

Un peu plus au loin, José pêchait dans la pastéra de Riqué ; ce dernier remonta l’ancre puis entreprit de se rapprocher.

 

          L’homme se laissa glisser du rocher dans l’eau puis, d’un nage de chien efficace, il rejoignit l’endroit de l’implosion.

          Là, se tenant verticalement, il tournait sur lui-même cherchant à voir des proies de taille convenables mais il ne s’en trouvait guère et bientôt il revint, toujours avec sa nage de chien. Quand il se redressa dans la crique, seules deux oblades, certes de belle taille, pendaient à son côté.

          Il se dirigea vers des vêtements disposés en un petit tas au bord du sentier puis s’en alla en direction de Navalville. Kader qui accourait aux nouvelles, le dévisagea mais en me rejoignant, il témoigna :

- Ji jamais vu !!

 

Mes copains par contre s’en donnaient à cœur joie.

          Tandis que Riqué ramait doucement, Tarambana à l’aide du salabre tamisait la surface et lorsqu’il le relevait, d’où je me trouvais je pouvais apercevoir une poche grouillante parcourue d’éclats d’argent.

 

 

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          Il s’agissait de tous petits poissons que faute de nom nous appelions friture mais qu’en d’autres lieux on nomme éperlan. Quand dans des occasions comme celle-ci il s’en prenait de grandes quantités, on pouvait être certain qu’à l’apéritif du soir sur la Réplacette, M.Gallego en ferait frire une grande bassine, tellement rissolés qu’on mangeait tout de la tête à la queue, écailles et tripaille comprises.

 

          Ces poissons, trop infimes pour mériter d’être péchés un à un, évoluaient avec un ensemble impeccable au sein de leur banc et de loin, leurs évolutions avaient pu leurrer l’arabe à la dynamite. Parlons-en d’ailleurs de la dynamite ! Elle fera l’objet d’une controverse telle que des années plus tard on la remettait sur le tapis.

 

En tant que principal et unique spectateur, je prétendais qu’il s’agissait d’un petit ananas gris et qu’on l’appelle dynamite ou autrement cela m’était égal. Striguilipi qui n’avait rien vu mais dont les connaissances scientifiques résultaient de quelques films de cow-boys entraperçus, vu le nombre de pannes, au cinéma Plaza d’Eckmuhl, soutenait que j’avais mal vu :

-        Dans « Le dernier des Fédérés »,


 

Lone-Masked-Men.GIF

 

le Jeune Homme quand les bandits attaquent, il leur jette des paquets de dynamite que lui allume son fidèle « Tonto » …

-        - L’arabe il a rien allumé, protestai-je

-        - Peut-être, vint à la rescousse son compère Momo, il avait un mégot à la bouche et tia rien vu …

Le spécialiste reprit posément :

-        La dynamite c’est des bâtons, longs comme une main écartée et on en attache 5 ou 6 ensemble pour avoir plus d’effet ; c’est ce paquet que tu as confondu avec un ananas … Quand tu vois le Jeune Homme les lancer, ça explose aussitôt même quand les bandits ils essaient de le contourner par le rio ; même dans l’eau ça pète !

 

Certain d’avoir imposé ses vues Striquilipi ausculta l’auditoire mais Riqué arrivant donna un point de vue qui ne résolut rien :

-        Je crois qu’il s’agit d’une grenade défensive mais comme je n’en ai jamais vue, l’un ou l’autre vous pouvez avoir raison…

En ce qui me concernait, une grenade ça ressemblait plus à mon ananas qu’un paquet de bâtons

 


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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 18:00

 

 

 

Les brochettes de M.Gallego

 

 

 

 

                    C’est généralement Striguilipi qui vient en premier ouvrir la buvette et allumer le gril. Afin de répartir l’incandescence il utilise en guise de soufflet le carton d’un vieux calendrier des postes et il le fait vrombir aux endroits où le charbon prend mal.

- J’comprends pas comment on peut laisser ses enfants toucher au feu, s’inquiète à chaque fois le vieux Duchemin, la voix soudain toute basse comme s’il craignait que Gallego ne l’entende.

          Effectivement il ne tarde guère portant son mystérieux plat recouvert du torchon immaculé. D’abord le samedi il y a deux plats dont l’un précautionneusement porté par un autre de ses garçons. En cet équipage, à tous les coups, il déclenche l’ovation des gens installés en bordure de la réplacette. Sous les torchons, ce sont des brochettes qui s’abritent des mouches et de plus elles se dissimulent sous un matelas d’armoise et de menthe crépue.

 

 

porkskewers.jpg

 


          A son autre bras l’arrivant tient les anses d’un fort couffin aux trésors variant suivant les jours : une bouteille d’anisette Gras, 2-anisette-gras.jpg des kémias en cornets de gros papier gris avec des petites olives noires parfumées, des vertes cassées au fenouil, des tramousses, des torraïcos... Somme toute les mêmes amuse-gueules et alcools dont disposent les villageois mais, n’est-ce-pas, la buvette rappelle les cafés du centre ville...Pourtant il est des fois où le couffin recèle un poêlon à couvercle contenant des caracoles, de petits escargots blancs que le cabaretier apprête incomparablement à la sauce piquante et cette kémia là, seule la buvette en propose.

          Des curieux de tous âges viennent lorgner ce que cachent les torchons, ce que contient le couffin mais notre restaurateur ne découvrira ses préparations qu’à l’instant précis où il les portera sur le gril, car en ce temps là nous ne disions pas barbecue. Dans les familles on se servait souvent d’un canoun, fait d’argile séché, en forme de panier rond mais sa taille et son manque de tirage le destinait plutôt a des mijotages qu’à du gril. On s’en servait également pour cuire, juste ce qu’il faut, tomates et poivrons afin de leur ôter facilement la peau. M. Gallego en disposait d’un qu’il utilisait quelquefois en se servant d’une partie de la braise du gril, essentiellement pour réchauffer les caracoles.

 

 

 

4-escargots.jpg

 

          Le gril est tiré d’un bidon de tôle parallélépipédique


bidon.jpg

(pour la forme oui car celui-là ne contient que 2 litres)

 

qui sert au transport des olives et d’un volume de cinquante litres, comme c’est écrit dessus. L’ouverture naturelle sur l’une des petites bases, a conservé son couvercle plat maintenu solidement inséré par quatre ligatures métalliques. Cette base ainsi que celle à l’opposé, sont percées de trous de la taille d’une tramousse qui servent à appeler l’air. Le cabaretier a découpé en H l’une des grandes faces du bidon en repliant la tôle inutile vers l’intérieur, il a ainsi doublé l’épaisseur des parois en cette partie haute, de loin la plus brûlante. Ce repliement évite aussi que les bordures du gril ne soient coupantes.

          Pour cette ouverture en H le bricoleur a confectionné un grillage amovible à l’aide de ressorts de sommier index.jpg

 

que Striguilipi et José passèrent une journée à défriser. Pour couronner,  Gallego confectionna une hotte et son tuyau d’évacuation des fumées qui traversait le plafond de la buvette.

- J’comprends pas comment il n’a pas mis le feu à sa baraque, s’étonne à chaque fois le vieux Duchemin.

          Avec ce gril là, l’allumage ne coûte guère. Par trois tiers superposés depuis le fond on y trouve du sable, des tessons de tuiles pilés et le charbon de bois : il suffit que l’un quelconque des enfants Gallego répartisse une lampée d’alcool à brûler puis jette une allumette enflammée pour que l’engin démarre sans à-coups, malléable à souhait jusqu’à ce que, service fini, le cabaretier éteigne les derniers charbons ardents au filet d’eau d’une gargoulette.

          Parlons maintenant des brochettes et d’abord des supports. Gallego les a fabriqués avec des rayons de roue de vélo, savamment torsadés de façon à ce que les morceaux de viande ne coulissent pas. L’une des extrémités du fer, tordue en point d’interrogation, permet de manier l’ustensile une fois celui-ci posé sur le gril. Quant à la partie consommable, elle est exclusivement constituée de foie ou de coeur de mouton et sur une même tige seulement du coeur ou totalement du foie. Il paraît que là-bas, dans la grande capitale toute blanche, les gens les préfèrent sous forme de saucisses qu’ils appellent merguez Merguez-.JPG  mais chez nous on coupe de tous petits morceaux et on les enfile très serrés sur les tiges de métal, on ne les sale et poivre qu’après que la braise ait saisi la viande.

 

          Au travers des échanges entre les adultes qui m’entourent, je devine que M. Gallego

 

 

 

M.Gallego

 

c’est l’élégance faite homme. Jamais on ne l’a vu arriver à la buvette autrement qu’arborant une chemise éclatante de blancheur et un pantalon sombre aux plis impeccables... Les cheveux, qu’il porte juste ce qu’il faut d’ondulé, tiennent sans excès de gomina. Durant son activité dans la buvette il ne se change pas et se montre si habile, si précis, si délié qu’il repart à la fermeture aussi net qu’en arrivant... Lorsqu’il retire ses brochettes du feu pour les donner à ses clients c’est comme s’il tendait de sanglantes banderilles

banderilles_espagnoles_1.jpg

au public d’une arène... Tant qu’il sert il ne parle pas à ses amis qui passent commande à l’aide de signes des doigts, un peu comme les marchands de poissons à la criée de La Calère ; tant qu’il sert il ne boit ni ne mange... Il est la sobriété même, dans son comportement, dans son allure... Comment a-t-il pu faire huit enfants à sa femme !

          Le premier fumet de viande grillée qui se répand provoque, généralement une pause dans les bruits et les conversations de la réplacette.

 

 

 

 

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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 18:00

 

 

un apéritif oranais

 

 

 

          En soirée le samedi les riverains installent des tables et des chaises en bordure de la réplacette pour eux et leur famille mais aussi pour les voisins et amis du reste du village. Ils vont se tenir là jusqu’à une heure avancée de la nuit à grignoter, à se désaltérer mais surtout à deviser agréablement. Parfois ils se taisent et contemplent la falaise qui les domine et, par delà, le ciel bleu sombre et ses constellations d’étoiles ; la mer, invisible, entretient un bruit de fond.

          Rapidement, les enfants rejoignent la place et organisent toutes sortes de jeux mais nous y reviendrons.

 

          Quand nous arrivons, les Duchemin finissent d’installer devant leur portillon des chaises et deux guéridons dont la ferraille a définitivement éliminé la peinture verte, à l’exclusion des pieds mieux protégés. Situé à égale distance de deux des poteaux électriques, l’emplacement, bien éclairé, me permet de détailler chacun de nos hôtes et leurs invités.

          Il y a d’abord M. et Mme Duchemin les amis d’Hélène. Elle, Paquita, c’est son amie d’enfance ; sa silhouette semble prendre le même chemin que prit jadis celle de Janette... Monsieur est roux des cheveux, des sourcils et de la barbe mal rasée, avec des yeux bleus ; il parle peu. Il y a aussi M. Duchemin père qui lui est tout blanc et n’arrête pas de tchatcher, sans doute la raison pour laquelle son fils parle peu. Je comprends vite que leurs deux enfants sont grands et préfèrent rester à la maison en ville le samedi. Il y a aussi une vieille qui semble accrochée à son ouvrage comme à une bouée de sauvetage et qui n’arrête pas d’approuver de sa tête le flot continu de paroles que lui déverse son voisin. C’est une tante de Paquita qui s’est occupée d’elle quand elle s’est retrouvée orpheline. S’y trouve aussi un couple de villageois, les Ortola, amis ayant leur cabanon à la sortie de Navalville, non loin des nôtres.

          A peine sommes nous assises que commence, par l’entremise de Paquita aidée par Hélène et par Huguette Ortola, une noria déversant sur les guéridons kémias et boissons. C’est une bonne franquette pour laquelle les seules assiettes sont les tranches découpées à la miche par M. Duchemin. Du sourcil retroussé et de la pointe de l’Opinel agitée dans votre direction mais toujours en silence, il interroge chacun à tour de rôle. Il suffit de hocher la tête et dans les dix secondes, une tranche de pain large comme deux mains, atterrit adroitement entre les vôtres.

          L’important ce sont les boissons et particulièrement l’anisette. Les deux marques locales ont chacune leurs partisans et il est devenu habituel,  dans les réunions festives, de présenter une bouteille de chaque, une de Gras et une de Liminiana. Seulement, comme souvent et bien que ces alcools soient bon marché, certains préfèrent fabriquer leur marque propre. C’est le cas du grand père Duchemin qui se procure l’extrait d’anis auprès d’un ouvrier de chez Gras et pour l’alcool à 90° n’hésite pas à écumer les pharmacies de la ville.

          Pour les dames, le vieux Duchemin, toujours lui, fabrique un vin d’orange dont il garde jalousement le secret. Il en emplit de grandes bouteilles vides d’eau Perrier dont la coloration donne à la boisson un aspect délectable... Je devais changer d’avis quand Hélène m’autorisa à tremper mes lèvres dans son verre et j’en voulus à l’alchimiste de nous agresser autant par ses alcools que par son verbiage... Parce que je ne vous ai pas dit le peu de succès que remportait l’anisette du Pépé !... C’est au point que sous prétexte d’aller saluer un ami à la buvette de Gallego, les hommes en profitaient pour y avaler une anisette normale, qu’elle soit de Liminiana ou de Gras.

 

          Les enfants heureusement n’ont que l’eau fabriquée par la falaise avec, si on le veut, une pointe d’un sirop de menthe dûment commercialisé... En fait l’essentiel du sirop de menthe sert aux hommes à couper l’abominable anisette et ils appellent le  glauque mélange obtenu : un perroquet ! 1-perroquet.jpgIl n’y a que le père Duchemin qui se satisfait de sa mixture sans coupage et Paquita ne manque pas de confier qu’à son avis c’était comme pour les petits oignons blancs dans l’alcool, ça conservait plus longtemps... L’image du vieillard enfourné et tassé dans un grand bocal vient ternir un instant le plaisir que j’ai à contempler les kémias sur les guéridons.

          Car parmi ces amuses gueules il se trouve un bocal de petits oignons blancs, d’où Paquita  a épuisé une platée à l’aide d’une curieuse cuillère de bois percée de trous. On a apporté aussi des olives qui débordent de deux grands bols, des petites noires


3-olives-noires.jpg

 

dites crottes de bique et des vertes cassées, marinées au fenouil.


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Deux assiettes identiques contiennent, l’une des torraïcos

 

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qui sont des pois chiches torréfiés et salés et l’autre des tramousses,


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petits oreillers jaunes de la taille de l’ongle d’un pouce et qui sont les fruits du lupin conservés dans une saumure.

          Il y a encore, un saucisson à l’entame enlevée,


saucisson.jpg


reposant sur une planche avec un couteau pour se servir... Des tomates entières et une curieuse salière faite d’une ancienne boite de charbons pour le mal au ventre et dont on a perforé plusieurs fois le couvercle... 

 

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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 18:00


 

 

 

 

Estrimer n'est pas jouer

 

 

          La plupart des garçons, je parle de ceux de ma génération ou en approchant, sont là, au milieu de la réplacette, entourant le poteau électrique... Ils me font penser au radeau

de la Méduse

 

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dont nous avons la reproduction, dans un petit cadre au cabanon. La plupart des filles de même génération sont sagement installées sur les gradins ; il ne manque que Lucilla.

- Veux-tu aller retrouver les autres filles, demande aimablement Hélène, je viendrai te chercher pour le dessert...

- J’irai un peu plus tard.

          Il n’est pas question que j’arrive avant Lucilla ; pour une fois que je porte une robe..., et mignonne en plus !

          Je suis assez bien intégrée pour savoir que les garçons s’en fichent du regard des filles, surtout que là ils doivent décider du jeu de la soirée mais enfin... ! Hé bien, figurez-vous que quand la Lucilla elle s’est décidée à passer, pas un n’a levé la tête occupés qu’ils étaient par " l’estrime " mais l’instant d’après, quand moi j’ai gagné modestement les gradins... C’est bien simple, Striguilipi et un petit ont couru jusqu’à moi pour me regarder sous le nez puis ils ont hurlé : " Eh, les autres ! C’est Amélia ! "

          Et pour couronner le petit s’est exclamé :

- C’est une fille !

          Croyez-moi si vous voulez mais ce qui m’a fait le plus plaisir c’est qu’ils en soit à s’étonner que je sois une fille.

          José avec qui je suis venue n’a rien dit aux autres, ni bien entendu ne m’a pas complimentée quand nous descendions du cabanon et que sa mère me couvrait de remarques flatteuses... Cette attitude me semble témoigner de la désapprobation à mon égard, ou tout au moins à mon costume. Je décide  de la jouer modeste et file m’asseoir  à l’extrémité d’un gradin, au niveau de la première marche... Un coup d’oeil du côté de Lucilla et de son escadron de péronnelles me confirme que j’ai fait des envieuses; si leurs yeux pouvaient lancer des plombs, comme une passoire je serai!

 

          L’estrime, je vous ai déjà dit ce qu’il en était: savoir entre deux joueurs ou deux équipes celui ou celle qui commence la partie en premier

          Elle sert aussi à constituer les équipes.

          Les deux capitaines sont placés par l’arbitre à trois pas l’un de l’autre; à Navalville l’arbitre c’est toujours Momo et comme c’est une petite boule, les trois pas font à peine deux mètres. Au signal les capitaines vont commencer d’avancer en posant tour à tour leurs pieds sur une droite imaginaire qui les relie, la règle étant que le talon du pied qui avance vienne se coller à la pointe du pied précédent ; seulement il y a la tactique et l‘estimation que chaque joueur se fait du nombre de pieds le séparant de son adversaire. D’où des talons qui ne collent pas ou au contraire chevauchent le pied qui le précède... Malgré les protestations de l’arbitre les capitaines avancent inexorablement l’un vers l’autre jusqu’au moment où un dernier pied va venir, plus ou moins nettement coiffer celui de l’autre, décidant ainsi de la victoire.

          En fait, c’est là que commence la confrontation des arguments de Momo et de chacun des capitaines et l’estrime peut être remise en jeu. Il est des jours où la répétition des estrimes empêche finalement le déroulement de la partie, d’ailleurs les autres garçons finissent un à un par s’éloigner et sur la réplacette il ne reste plus que Maurice, les capitaines et le poteau électrique.

          Cette fois ça a bien marché du premier coup, pas la moindre contestation... Le gain de l’estrime permet d’abord de décider, parmi les nombreux jeux collectifs que nous avons et c’est au capitaine vainqueur de choisir. Il doit tenir compte d’un certain nombre de freins dont les plus évidents sont: le temps disponible, le nombre et l’âge des joueurs, la participation de filles.

L’attente devient insoutenable …

          «  Burro flaco  »

 

 

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