Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 00:00

 

 

 

 

 

 

Le quartier d’Eckmülh


 

 

Sans doute le quartier le plus peuplé et le plus étendu de la ville. J’y ai passé mon enfance puis, durant mon adolescence, j’y revenais souvent…

Une petite place bien ronde, la place Noiseux, constituait mon univers avec son jet d’eau de type andalou et sa bordure d’arbres … Des ficus, je crois, qui nous armaient de leurs boulettes …

 

 

EK-d--08--Eckmulh.jpg

 

 

 

Capturemkjj.JPG

Aujourd'hui les ficus ont forci, la fontaine en fonte a disparu et le jet d'eau central est modifié...

 

Dans sa ceinture d’immeubles et de bâtiments, on trouvait d’abord l’ensemble de l’école primaire et maternelle Georges Lapierre … Avec son horloge qui égrenait tous les ¼ d’heures …

 

 

EK-d--05--Eckmulh1.jpg

 

 

 

 

hhgg.JPG

L"école G.Lapierre a choisi une peinture grise plutôt tristounette...

 

Cinq rues rayonnaient à partir de la place …En tournant vers la droite de l’école on trouvait la rue Lallement qui menait aux champs Protin, haut lieu des concours de bilotchas en période Pascale …

A l’angle de cette rue, face à l’école, se trouvait l’épicerie de ma grand-mère … Lorsque j’avais une dizaine d’années, Mémée en avait près de 80 (la retraite à 55 ans n’existait pas et elle coulera à la proue de son magasin à 92 ans) … et déjà son chiffre d’affaire se faisait essentiellement par la vente des bonbons aux écoliers ; c’est dire l’animation que connaissait le magasin à la sortie mais surtout aux entrées à l’école…

 

 

 

Capturenjhy.JPG

L'épicerie de ma grand mère est revêtue d'un damier des plus pimpants ...

 

 

 

Capture

Juste après le damier, la porte de ma chambre (de notre chambre), suivi de l'entrée de l'immeuble ... Les bâtiments scolaires n'ont pas changé, par contre, il serait difficile de faire voler les bilotchas aux Champs Protin (au fond sur la photo) ...

Les photos récentes ont été prises en 2010 par Gary qui, comme son homonyme et citoyen du monde, s'avère un fabuleux marcheur (et photographe tamien !) ...


En 4ème à Ardaillon, le professeur de français, Mme Depiris, donnait chaque année comme sujet de rédaction : «  Décrivez un personnage remarquable de votre quartier. »…Lors de mon passage dans sa classe 2 devoirs avaient choisi ma grand-mère, ceux de Juan et de Bensoussan et le professeur remarqua que chaque année il y en avait au moins un la concernant…

Peu après le magasin on trouait un petit commissariat discret puis une boulangerie bordée

 par la rue d’Auerstaedt…Tout un pan ensuite délimitait une tonnellerie bordée par le prolongement de la rue Lallement qui menait à la rue d’Oujda.

 

 

kijy.jpg

 

L’avenue d’Oujda, principale artère d’Eckmülh, menait d’un côté vers le centre ville d’Oran en passant devant le cinéma Plaza…

 

 

oran_cinema_plaza.jpg

 

…et de l’autre vers l’Ecole normale d’institutrices et plus loin les Arènes et le stade Montréal…

 

 

Ekmulh-Ecole.jpg

 

 

 

 

0505111056150731051135054084.jpeg

 

 

 

Revenons place Noiseux …Il y avait encore la rue du Dr Pauly qui conduisait au Marché…

 

 

ORAN-MAI-2006-E106-ECKMUHL-LE-MARCHE-copie-1.jpg

 

 

 

…et enfin la rue Nansouty qui menait à l’église, rue de Liège, en face de laquelle se trouvait l’appartement de mon oncle.

 

 

 

eglise-d-eckmuhl.jpg

 

 

 

 

Un peu plus loin il y avait le patronage Dom Bosco et sa célèbre équipe de basket des Spartiates...

 

 

images.jpg

...à laquelle j’appartins une saison, dans les remplaçants de l’équipe minime qui comprenait alors Dura, Estrella, Tissinié,Manu Martinez …

 

Des photos récentes de la place Noiseux montrent : l’épicerie de ma grand-mère remplacée par un autre commerce, le bâtiment de l’école primaire avec son horloge, identique à ce que j’ai connu ; la ceinture de ficus conservée …Il n’y a que le jet d’au de disparu et en voie, semble-t-il d’être remplacé.

 

 

4-picture1.jpg

 

 

 

Sur l’avenue de Tlemcen, juste à l’entrée d’Eckmülh, j’ai toujours connu un building de 8 étages…

 

 

pmll.JPG

 

 


 

… vigie dégingandée annonçant notre quartier… On appelait l’endroit : le Tir au Pistolet…

 

En Sicile j’ai plusieurs fois goûté leur « granite »… Cela ne valait pas notre Agua Limon et particulièrement celle que fabriquait M.Vincent …

 

 

m-vincent.jpg

 

A l’angle de la rue d’oujda et de la rue Lallement, il se tenait dans un kiosque exigu et vendait bonbons, crème et surtout agua limon…C’était le principal concurrent de ma grand-mère mais je considérais qu’il n’y avait aucune forfaiture de ma part à aller déguster son agua limon puisque nous n’en vendions pas...J’ai lu qu’il était un homme très bon…

 

En remontant l’avenue d’oujda depuis le Tir au Pistolet, le trottoir gauche de cette rue ainsi que la partie du quartier d’Echmülh qu’il bordait m’étaient presque inconnus…Lorsque je descendais à pied vers le centre ville, c’est l’autre trottoir que je privilégiais, notant à peine au passage la clinique Glaser ou l’école des sœurs…

L’âme de cette partie N. d’Eckmülh était la longue rue Joseph Oliva…

 

 

 

1988-20ECKMUHL-20RUE-20JOSEPH-20OLIVA.jpg


 

…avec son école Jean Zay

 

 

1988-20ECKMUHL-20ECOLE-20JEAN-20ZAY-20L-20ENTREE.jpg

 

…sa réplacette Charles de Foucault mais surtout, tout en haut, l’usine d’anisette Galiana …

 

 

vicentegaliana.jpg

 

 

 

super-20anis-20061.jpg

 

…derrière Carlos Galiana enfant, avec un vague air de Marcel Cerdan, se trouve mon cousin Hubert Ascencio qui était comptable dans l’entreprise …

 

 

Commentaires

 

 

En reconstruisant cet article, j'ai voulu préserver l'essentiel des commentaires en les installant ici...

 

 

Une erreur de manip et tout s'en va. Mon cher ami, d'autres dont un certain général qui a fait la plus belle manip de sa vie et nous sommes tous partis.
Nos souvenirs eux ne sont pas partis .Il nous reste que nos souvenirs et notre plume
pour parler de ce qui a été les instants les plus beaux  de notre vie.

Comment ne pas coucher sur le papier notre jeunesse dans le quartier et les rues 
d’Eckmühl. La rue docteur paully où toute ma famille GALINDO est née .Notre n° le 19 a côté du magasin de DANY et de l'autre côté le magasin de chaussures SANCHEZ plus haut 
le magasin GUZMANN où l'on trouvait tout ce que l'on voulait pour la maison .
en remontant la rue jusqu'à l'école et la place noiseux .
Cette place NOISEUX lequel d'entre nous n'a pas joué avec les boulettes à la sortie de l'école .Je viendrais plus tard vers le marché avec votre aide peut -être ? 
Les glaces entre les gaufrettes que l'on lapait rapidement avant qu'elle fonde
sur nous . Mm ASCENCIO et son magasin a côté du commissariat . Plus loin la boulangerie ROCA 
En descendant à gauche la rue qui allait vers l'avenue d 'OUDJA je vous laisse le soin de me dire le nom de cette rue où il y avait un kiosque à journaux . 
Toujours vers le marché il y avait la maison de Mr THIER et ensuite la blanchisserie 
qui ne cessait de lâcher des Gets de vapeur dans un bruit qui nous était familier

A d’autres souvenirs mes amis

Commentaire n°2 posté par GALINDO JEAN- ROBERT le 13/09/2009 à 10h51

Bonjour
Je cherche à trouver la maison de ma grand mère à Eckmul, la villa aiglon en face du marché couvert, à côté du cinéma.
Est ce loin du centre ville d'Oran?
Merci de vos réponses
Commentaire n°4 posté par daniele le 13/09/2009 à 19h28
3/4 kms de la mairie... Rien concernant villa aiglon...amitiés José

Bonjour,

Merci pour ces photos et commentaires qui font affluer du fond de ma mémoire de belles images et une éternelle nostalgie.

Je suis née au 9 avenue d'Oujda entre la clinique GASSER et l'école Jean ZAY mais plus précisément entre l'épicerie de Mme Poiriault et le café Carbonnel.

Je suis la 7ème d'une fraterie de 9. Mon père travaillait à la SCHELL et maman trouvait encore la force de faire  quelques heures de ménages chez Mme GIROUX la directrice de l'école Jean Zay. Hé oui, les fins de mois difficiles obligeaient les aînés à quitter l'école et à travailler. L'une de mes soeurs était ouvreuse le dimanche au cinéma "Le  Plazza".

Mais qu'importe, nous étions heureux même quand nous devions partager 1/4 de pâté à 11.

Quelle joie quand nous devions prendre le car dès 5H du matin pour aller à la plage,malgré le sable qui saupoudrait à l'heure du déjeuner nos assiettes faisant croquer sous nos dents" la frita" , la salade de tomates et poivrons grillés, le pain tartiné de saubrassade,les olives "crespo".

Quel bonheur à Pâques de monter en famille à SANTA CRUZ déguster la mona, voir mon père et mon oncle boire "à la gargoulette" du vin frais, regarder ma mère assoupit goûtant un bref instant de repos malgré  toute cette marmaille qui refusait de faire la sieste, autour d'elle.

Une phrase résumait cette harassante journée et elle résonne encore à mes oreilles :

 "Donde vas ? A LA MONA ! A LA MONA ( ton trés excité)

"Donde vienes ? de la monaaa de la monaaa (éreinté)

Faut dire que l'aller-retour se faisait à pied, chargés comme des ânes !

J'arrête là mon bavardage en espérant que vous aurez  pris autant de plaisir à me lire que moi à me raconter.

Amitiés. NICOLE;

 

 

 

Commentaire n°8 posté par MARSAL le 20/07/2010 à 16h23

J'ai vécu à Oran de 1954 à 1959 .

J'ai été à l'école Georges LAPIERRE,puis au Lycee Gsell. J'ai habité cité Protin et rue de Tlemcen . Je cherche des photos de la cité Protin

Bises

Commentaire n°9 posté par Pétra Marie le 28/07/2010 à 14h20

Bonjour Marie,

Je n'ai pas de photo de Protin mais j'en ai vu une fois sur le Net, particulièrement celle de l'immeuble rouge qui faisait angle avec l'avenue Albert 1er ... Mais je n'ai pas de coordonnées pour ces photos... Cherchez bien... Bises aussi.

Réponse de José le 29/07/2010 à 07h44

bonjour, je suis Daniel Bouaziz, mon père avait une usine de meubles JO-BOIS face à la nouvelle poste à ECKMUHL  78 avenue d'Oujda j'aimerais bien avoir des nouvelles de la famille Galiana merci

Commentaire n°10 posté par Daniel BOUAZIZ le 25/08/2010 à 11h35

Bonjour Daniel ... Je n'ai, sur la famille Galiana, que ce qui se trouve dans mon article ... Par contre vous ne serez pas déçu en allant visiter le blog " Oran de notre enfance "... JO Bois, c'est sur que cela ne m'est pas étranger mais ma mémoire ne va pas au-delà ... amicalement 

Réponse de José le 29/08/2010 à 18h46

Bonjour,

je suis né à Eckmülh, rue Colonel Driand, en 1948... mais, parti bien vite sous d'autres cieux (travail de mon père obligeant) je n'y suis revenu qu'en 1953 pour quitter définitivement cette ville et ce pays en 1954. Ma famille, Pastor, habitait rue Noiseux, ma famille Lopez, Alcaraz, Bernard rue J Oliva... Mes parents m'ont parlé du commerce tenu par votre grand-mère où ils allaient acheter 5 sous de bonbons dés qu'ils le pouvait. Mon oncle Louis Baysset fréquentait Don Bosco et ma soeur, l'école Jean Zay... Nous avons donc les mêmes noms en repères d'enfance... Si au hasard de votre site vous trouvez quelqu'un ayant des photos de la rue Colonel Driand ou du patronage et de ses animations... Avec mes remerciements pour la clarté et l'intérêt offerts par votre site. Cordialement . Clozel-Baysset

Commentaire n°11 posté par Clozel-Baysset le 06/09/2010 à 18h51

merci de votre message, je suis toujours ému quand on évoque le souvenir de ma grand mère et de son épicerie de la place Noiseux ... c'st vrai que nous avons des repères communs mais ces rues, ces places que vous évoquez, je les ai arpentés 11 ans avant vous ... aussi les noms que vous me donnez sont bien répandus, sauf le vôtre mais je ne le connaissais pas ... L'important sans doute, c'est de pouvoir se retremper quelques instant dans l'histoire d'Eckmülh ...amicalement.

Réponse de José le 07/09/2010 à 12h12

J'ai été ravi de revoir ce quartier de toute ma jeunesse. J'habitais avenue Jules Ferry et bien sûr j'allais à l'école d'eckmühl. J'achetais chaque jour un pirouli à un franc chez votre grand'mère. J'ai eu comme instituteurs Mlle Rosie (CP) Mme Bouche (CE1) Mr Lapprand (CE et CM) et je ne me souviens plus de l'institutrice du CM2. Merci pour toutes ces photos

Commentaire n°12 posté par robin jean-marc le 15/10/2010 à 14h01

Ah les piroulis ! Moi qui les servais, malgré le papier cellophane qui les entourait, avec la chaleur il leur arrivait de coller ... Je revois me semble -t-il la petite Melle Rosie mais ensuite j'ai continué à l'école ND de france car nous habitions le centre ville ... Merci pour votre pensée pour ma grand mère ... Amicalement.

Réponse de José le 15/10/2010 à 18h58

je viens de decouvrir ce site en regardant ces photos et les commentaires les larmes me sont venues le patron de petit kiosque  a l angle de l avenue d oujda s appelait mr salanon que nous appelions mr vincent c etait l ami de tous les enfants du quartier  mon pere avait une boucherie dans le marche et une autre rue marie feuillet n°19 peut etre que nous nous connaissons

Commentaire n°13 posté par pitchon bernard hier à 16h17

Bonjour Bernard,   Non je n'ai pas le souvenir de t'avoir connu jadis...mais que nous nous soyons croisés dans l'une des rues d'Eckmülh, cela probablement.... cela me surprend toujours autant, depuis 4 ans que mon blog est ouvert, de recevoir des commentaires d'écumuliens qui me rendent visite pour la 1ère fois ... Plus longtemps nous serons là pour témoigner de la belle oeuvre que les Pieds Noirs (je ne dis même plus la France) ont accompli en Algérie et plus la conscience tranquille on pourra partir ... Amitiés.

Réponse de José aujourd'hui à 09h53
Les commentaires à venir doivent  être rédigés à l'emplacement habituel sur la page de blog
Repost 0
Published by José - dans oran jadis
commenter cet article
8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 00:00




  Saint Eugène




Que je connaissais peu ce quartier sinon une infinie ligne droite qui commençait à monter avec l'avenue de Mostaganem






 puis continuait, en rue principale bien au-dela de la place, jusqu'à Alger si on voulait. 

A ce propos, je regardais ce quartier avec les yeux de Camus évoquant St Eugène d'Alger, que je n'avais pas plus visité mais que j'imaginais au travers des descriptions que le philosophe en faisait; un univers de petites maisons modestes et basses, rarement d'un étage et je m'attendais à tout instant à apercevoir une vieille femme menue balayant le trottoir devant sa porte ...

Sinon il y avait bien une place,






avec un marché,





on se souvenait d'un beau moulin,





de deux cinoche l'Alhambra et l'Olympia, piteux à voir aujourd'hui









mais ce qui faisait le prestige de St Eugène c'était le sport:
le Baskett , surtout les garçons mais aussi les filles




le Foot aussi



et le cyclisme, surtout des grimpeurs ...





l'Hippodrome,




les Castors, dont on ne pouvait imaginer sans rire la façon dont ils avaient construit leur maison.


Repost 0
Published by José - dans oran jadis
commenter cet article
8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 00:00

   


 Gambetta

 

 


Comme vous le constaterez , je n'avais de Gambetta qu'une connaissace limitée à la périphérie ouest et nord; cet article a utilisé le repertoire de blogs "gambétiens": Place Fontanel, Nobeline, HLM gambetta et Cité des Jardins. Qu'ils en soient remerciés.


Une fois parcourue la très longue rue d'Arzew puis passé le stade Turin qui portera plus tard le lycée de filles Ali Chekal et la cité La Fontaine, ...





...la non moins interminable rue de Tunis; du moins me semblait-il pour l'avoir quelquefois parcourue à pieds, encore que la photo qui précède, avec son long mur et le château d'eau me rappelle plutôt l'avenue des Falaises.???
Mais le plus souvent, d'autant que nous étions chargés comme des mules, le trajet se faisait dans l'un de nos brinquebalants tramways.







Jusqu'à cette vaste esplanade qui faisait suite à un pont du chemin de fer. C'était encore ce type de tramway mais avez-vous remarqué cette tour Eiffel en miniature dans la villa limitrophe ?
Comme le montre le plan ci-dessous, c'est à cette esplanade que prenait leur source les principales rues de Gambetta.







Mais nous il nous fallait descendre et chargés comme des mules, ahaner le long de la non moins longue avenue des Falaises (toute à gauche sur le plan), heureusement abritée par les arbres et bientôt rafraîchie par le vent venu de la mer. Quelque part dans le lacis des ruelles jouxtant l'avenue, il y avait, niché là, un des "lieux de perdition" d'Oran.




Capturemhlg.PNG

Au temps où j'avançais chargé comme une mule, la Cité La Fontaine n'existait pas mais comment ne pas la mentionner avec tous ces anciens qui se sentent gambétiens ? Et puis c'est un de mes oncles qui en a été l'un des architectes et à l'époque elle était la plus haute tour de France !





Au bout de l'avenue c'était la falaise et de début du camino pour Navalville.

 

 







On pouvait suivre le bord de la falaise jusqu'au bas de cette photo: le boulevard et les constructions n'existaient pas alors; mon cabanon se trouvait à l'à-pic du poteau télégraphique 100 mètres plus bas.





Pas plus que n'existaient les H.L.M qui deviendront une des parties les plus animées du quartier.
 





Haut-lieu du quartier: la place Fontanel.

Deux parmi les rues les plus vivantes: A.Dumas à droite et Nobel à gauche




Telle une peinture abstraite, la façade du 18 de la rue Nobel.



L'école des garçons.









Le cinéma Lido jadis.

scenes_de_vie_2230.pngLe boulodrome ...

L'usine Ducros était la plus importante de Gambetta




La villa Ducros


La Cave Gay était l'une des plus importantes coopératives viticoles d'Oran.



Une boulangerie bien connue rue Guynemer.


Au Pont, un café très couru sur la gauche.







Place Gambetta




L'église St Paul relookée.



L'hôtel Sheraton, bien situé il n'en a que plus d'allure.




Repost 0
Published by José - dans oran jadis
commenter cet article
8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 00:00



La Marine et la Calère



Je préviens, je connaissais mal le quartier mais les quelques fois que je l'ai traversé ( allant à pieds à la pêche rejoindre le début de la digue à Fort Lamoune, ou me lançant à l'assaut des pentes de de Santa Cruz ... ou à l'occasion de certains Spartiates-JU ), ces quelques fois ont suffit pour me le rendre proche et aimable.   


                         


Le quartier se tenait entre le Murdjadjo, portant Santa Cruz et le Fort et ayant à son pied le ravin Ras el Aïn; la mer avec le port de pêche et la digue; le rebord du plateau avec , au sud , mon quartier d'Eckmuhl.



45110360471062411030145.jpeg

Sur cette photo d'avant on distingue la partie plateau marquée , à une extrémité par le cloher de l'église St Louis; devant et de forme concentrique la partie Marine proprement dite et, au plus près de la montagne la partie Calère.
Aujourd'hui la partie Marine a été pratiquement rasée, peut être le fait d'un mauvais entretien des maison... Voyez ce qui subsiste de l'ancienne rue d'Orléans; avec en haut l'ex hôpital militaire. De la Calère il ne resterait pas pierre sur pierre (J.Bueno).

 

 





L'hôpital militaire ou Baudens.





Il se trouve sur le Net suffisamment d'articles très complets qui présentent le quartier de la Marine. Je me contenterai de commenter quelques sites pour lesquels j'ai quelques souvenirs ou réminiscences.

 

 

la_marine_3_1296.png
Pour moi la Marine -Calère c'est avant tout le port de pêche.




Au pied de la montagne que longe la route qui nous menait aux plages.
J'admire chaque fois que je la contemple la photo ci-dessous qui montre les installations dont s'étaient dotés nos anciens afin de pouvoir se baigner durant l'été en aménageant la grande digue.





Il n'en restait plus rien de notre temps mais la vue qui suit montre quel en était le cadre:






Avec un port de pêche qui a conservé ses dimensions sinon son importance.





Un restaurant aux murs d'un bleu éclatant, est aujourd'hui  un des hauts lieux du tourisme et de la "gastronomie" oranaise.



136_3699_1.jpg


dsc_0228.jpg

Certains étals n'ont guère changé.







Elle se trouvait - et se trouve toujours pratiquement inchangée depuis 1900 -, sur la rampe Valès qui ceinturait le vieux port avant de s'en aller vers Mers el Kebir.





Toutes les fois qu'un autocar de la Sotac m'emmenant vers les plages passait devant l'usine, féru de ma connaissance de Bizet, je m'attendais à en voir jaillir une horde de lolitas conduites par une Carmen froufroutante... Et de fait, mon imaginaire n'était pas si infondé.



cigarieres-B.jpg

Mes cigarières ont été jusqu'à 1.200 à travailler là. Vous souvenez-vous de la marque la plus répandue, la Bastos Bleue ? Ou de la plus "aristocratique", la Bastos Blanc ?











ertf.jpg



En préparant cet article j'ai rencontré la gravure qui suit et date de 1855; celui qui la publie indique l'emplacement de l'usine au même endroit dès cette date.



Oran1855.jpg

En fait Jean Bastos aurait eu une première manufacture rue de la vieille mosquée mais à l'époque il avait un concurent, installé sur près de 3.000m. carrés rue de l'Industrie; vous savez cette petite rue tranquille près du bd 2ème zouave dont je me demandais d'où venait le nom: et bien voilà, d'une manufacture de tabac.







La place de la république, la plus grande d'Oran;

 

 

 

la_marine_lv_2_1023.png

 




avec sa belle fontaine Aucour, un ingénieur soucieux d'évacuer les eaux usées et par suite les épidemies qui s'y rattachent; ou encore la place Kléber où se trouvait l'ancienne préfecture.




ou encore la place des Quinconces




La rue de Gênes a conservé ses escaliers.




Aujourd'hui ne survivant que dans les coeurs, depuis la mer, la Calère disparue.




Le ravin Ras el Aïn, le long duquel à ses débuts, Oran a pris son eau et fait pousser ses légumes.


 





La porte d'Espagne richement ouvragée.





Fontaine espagnole de la place Emerat,
elle aurait disparu.





cathédrale Saint Louis



porte du Santon





rue d'Orléans








Repost 0
Published by José - dans oran jadis
commenter cet article
7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 18:01



  ...autres quartiers



Je les ai trop peu connus pour pouvoir les présenter, aussi vais-je me contenter de les nommer afin de permettre de les rechercher sur d'autres sites du Net. Ce sont :

. le quartier juif,

. St antoine et Sananès,

. Cité Petit, Choupot, Brunie,

. Boulanger, Maraval,

. Médioni, Lamur,

. le Village Nègre,

. Delmonte, Victor Hugo, Carteaux

. le Plateau, Miramar
Repost 0
Published by José - dans oran jadis
commenter cet article
7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 18:01

 

Les quartiers Sud




C'est la région comprise dans l'angle défini par les boulevards Mascara à l'Ouest et Hippolyte Giraud à l'Est et leurs prolongements.
On y trouve les quartiers de Lamur, Liautey, Médioni, Choupot.
Cette zone comprend des établissements et des réalisations de tout premier plan mais comme je ne suis pas familier de ce territoire mes commentaires seront réduits.



Le cimetière de Tamasouët




L'allée centrale telle qu'on l'a faite admirer à Chirac lors de son passage.
Mais le reste ...




Le Jardin public

Je n'y suis jamais allé, aussi me contenterai-je des vieilles photos qui suivent.








Les Halles de gros.

 

On les voit ici depuis le stade de foot de Choupot. Il y a 2 ans elles ont été transférées sur l'ancien site de Ponts et Chaussées de La Sénia car le bâtiment menaçait ruine.


En 1942 un cargo est obligé de délester sa cargaison de bananes à Oran; bientôt la ville se met en marche vers les Halles munie des moyens de transport les plus divers.

Nous, c'est ma poussette et au retour vers Eckmuhl, je disparaissais sous un énorme régime; il paraîtrait que je commis maints larcins et jusqu'à l'indigestion.



Les sebkhas


Encore plus au sud de la ville, ces étendues d'eau saumâtres dont je ne veux, ici, rappeler que l'existence.

 






Parc de la Foire




Palais des Sports






Stade Fouques Duparc






Repost 0
Published by José - dans oran jadis
commenter cet article
7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 18:00

 

 

 

 Les "bouffétas" de Pépico

 

 

 

J'ai dit plusieurs fois déjà l'émerveillement que me procurait la vue des grosses mains de mon oncle se livrant à des travaux minutieux.
    Un jour elles allaient me révéler des aptitudes bien différentes.

    Le soleil venait de passer l'écran de la falaise et les premiers souffles de relative fraîcheur réveillaient des ardeurs jusque là contenues.
A côté Hélène, la mère de José qui craignait beaucoup le soleil, s'enhardissait à venir travailler dans son jardin de devant, un espace de trois mètres de fleurs en bordure du sentier. Dans ces moments là, elle tenait non loin d'elle une gargoulette d'eau; qu'elle avait mis à l'ombre d'une touffe d'anthémis à l'intérieur de la modeste barrière rose qui délimitait sa propriété ... Elle continuait de porter son grand chapeau mexicain.
    Tarambana devait être quelque part dans la falaise ...
    Retour de pêche, Pépico avait appuyé ses cannes sur la barrière des Villanova et  penché, la tête disparue dans les feuilles du figuier, je l'entendais vanter les mérites de l'A.S.Eckmuhl, l'équipe de football du quartier à son voisin.
    Je m'étais remise à mes devoirs de vacances et déjà je m'apprêtais à appeler Bésugo à mon secours.

    Un brouhaha commença de se faire entendre en provenance de la partie ascendante du sentier.
    Il s'agissait de trois grands gaillards mal rasés et dépenaillés qui, à voir les bouteilles vides émergeant de leurs musettes, avaient lutté à leur façon contre les ardeurs du soleil ... Ils se hurlaient des histoires qui les faisaient rire à qui plus est.

    Arrivés à la hauteur de la barrière des Ascencio, l'un d'eux se pencha vivement, saisit la gargoulette et commença de se désaltérer.

   L'homme regarda Hélène puis impudemment la défia:
- Hola Senorita ! Donne-moi un baiser et je te la rends!
    Certes la mère de José faisait jeune mais fallait-il que cet abruti soit saoul pour lui manquer à ce point le respect...
    Tarambana , survenu entre-temps s'emporta comme je ne l'avais vu, avec des mots qui ne lui étaient pas habituels ... Je répugne à les écrire ici.

    Pépico avait posé ses cannes contre la barrière des Villanova et, sorte de grosse boule silencieuse montée sur roulement à bille, il se trouvait maintenant à moins d'un mètre de l'insulteur, immobile et le regardant calmement dans les yeux.
     L'autre eut un sourire méprisant en voyant cet adversaire et voulut de la main gauche repousser l'épaule droite de mon oncle... On vit ou plutôt on ne vit pas d'où venait le coup, ce qu'on vit seulement c'est l'insulteur décrire une orbe et se retrouver au sol, bras et jambes écartés et complètement "tchaffé".

 
    Rappelez-vous mon oncle, le bombardier de la Calère, un redoutable boxeur poids lourd dans le passé; son coup le plus fameux était la boufféta du gauche, un coup qui partait de très bas pour aller percuter la mâchoire de l'adversaire ...            
    Comme quoi ses réflexes ne s'étaient pas émoussés.

    Les collègues du calmé lui avait soulevé la tête, lui tapotaient les joues mais, le regard absent, il semblait totalement "bovo". Alors les deux lascars commencèrent à se redresser, à faire face à Pépico auprès duquel s'étaient regroupés, maigre piétaille, José, M.Villanova, Besougo et moi.
    A ce moment, venant du sentier ascendant, on entendit:
- Ja.Ja.Ja...J'rive !
    
    Quand les deux autres virent cette montagne de Hiacynthe venir se ranger à coté de Pépico, ils soulevèrent leur comparse et le traînèrent par le sentier descendant.

    Sans dire un mot chacun retourna chez soi; étonnant peut-être pour des pieds noirs mais il fallait oublier l'insulte faîte à Hélène.



Repost 0
7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 18:00

 

 

 

 

Les bilotchas d'Alexandre

 


 



En cette fin d'après midi, nous venions d'envahir la réplacette sans trop savoir encore à quoi nous allions nous distraire.
C'est alors que Momo surgit exhibant au bout de son bras haut levé, un objet inconnu.
Striguilipi le suivait de près tenant, comme une traîne, une maigrelette guirlande de chiffons. Tellement qu'ils s'exclafaient qu'ils ne parvenaient à nous répondre. Enfin:
- U u u bilotcha ! parvint à hoqueter le fils Gallego.
- Mon pèr' ml'a ramné de Parisss dit le fils Benguigui qui inventera plus tard les SMS.

Une bilotcha ça !
 Imaginez le dessin d'un oiseau avec les ailes toutes droites comme l'aigle des insignes américains ... Auncune armature, tu as beau faire pour le tenir c'est toujours tchaffé ...
Charitable, Riqué tient à prévenir:
- Tu sais Maurice, ici c'est pas un bon coin pour faire voler les bilotchas ... La falaise elle nous bouffe tout le vent arrière.
Les deux autres n'insistèrent pas voyant leur engin se complaire au rase-mottes et se rattrapèrent de leur insuccès en nous laissant admirer la belle image et ses éclatantes couleurs.
C'était autre chose quand à Pâques  dernières aux champs Protin ,  avec Alexandre, un autre  de mes oncles, j'allais faire voler ma bilotcha.


    - Dis, tonton, tu me feras une bilotcha bientôt?

En ce temps de Pâques, la plupart de mes amis entreprenaient la construction des cerfs-volants. Certains mêmes les faisaient déjà voler dans les champs Protin, champs encore vierges de toutes ces villas qui devaient par la suite priver les enfants du quartier d'Eckmühl d'un merveilleux terrain de jeux.

Mon oncle Alexandre, le taciturne, parut réfléchir longuement. Son noble visage de patricien romain se détendit enfin:
    - Eh oui! c'est vrai que c'est le moment ... Nous la fabriquerons dimanche matin.

    - Et c'est quoi que tu me feras, cette fois?

Trois possibilités s'offraient.

Le plus simple pour lui était de construire un « Bacalao », cerf-volant dont la forme en losange, en rappelant les morues séchées et ouvertes qu'on vendait dons le commerce, lui avait valu son nom. Mais les prouesses techniques du «Bacalao» étaient réduites. Souvent, dès le premier envol, il pirouettait à deux ou trois reprises avant d'aller s'écraser du nez dans la terre broussailleuse. Quand, par chance, il restait encore utilisable et qu'en proportionnant mieux sa queue de lanières de chiffons noués il réussissait à partir, on ne pouvait le faire monter très haut: sa surface réduite n'offrait pas assez de prise au vent pour compenser le poids de la cordelette de chanvre. Et encore fallait-il demeurer vigilant, tellement la moindre saute d'humeur du vent risquait de compromettre le fragile équilibre.
    - Le« Barilete» de l’an dernier, qu'est-ce que tu en as fait?

    - Il est en haut de l'armoire de mémé ... mais le papier est tout déchiré.

C'était certes un cerf-volant sérieux que le« Barilete ». Alexandre le bâtissait remarquablement car toujours, dès le premier essai, il s'envolait avec sûreté. Il ressemblait à ces maisons que les " petits crayonnent, un carré surmonté d'un toit en trapèze. Son nom rappelait-il la forme d'anciens barils? Peut-être...

Seulement, dans ce modèle encore, la surface de prise au vent ne lui permettait d'atteindre que les altitudes moyennes, car de lui consentir trop de fil l'alourdissait au point même de, parfois, le désunir en une série de loopings difficilement récupérables.  
    - Mais est-ce que les roseaux sont en bon état?

    - Oui, l'assurai-je avec le maximum de déception dans la voix.

J'espérais tellement avoir cette année le meilleur de tous nos cerfs-volants, celui qui montait si haut et si droit qu'on avait du mal à le retrouver dès que le regard se détachait un instant de lui, ce seigneur qui dominait du double de hauteur, impassible et sans trahison, la masse hésitante des « Bariletes » et des « Bacalaos : la « Luna».
    - Çà n'a pas l'air de te plaire, dit mon oncle, alerté par le ton de ma voix.

    - Oui, mais ...­
    - Mais, quoi?

Comment le lui dire alors que je l'avais entendu affirmer à un voisin que ce modèle requérait trop de temps pour le bien réussir.

    - J'aurais aimé une « Luna»

Ouf ! C'était parti. Comme l'instant d'avant, Alexandre réfléchit longuement, il ne se pressait jamais pour accepter ou refuser et j'imaginais sa langue tournant lentement sept fois autour de son palais. A son air, l'aventure le tentait.

    - De quelles couleurs tu la préfères?

    - Rouge et verte, mais comme çà t'arrange le mieux ..., et tu la feras grande?
    - Comme çà, indiqua-t-il en portant sa main à son front, et tu auras intérêt à bien la tenir.

C'était un véritable monstre qu'il me proposait, un monstre comme je n'en avais vu jusqu'ici qu'un ou deux modèles. Plaisir et inquiétude à l'idée de tenir en laisse un pareil phénomène. Mais plaisir d'abord, en ce Dimanche après-midi quand, ayant rejoint les champs Protin, le regroupement des copains et des curieux s'exclamait d'admiration devant l’octogone rouge, vert et frangé de papillotes jaunes de notre« Luna ».

Tonton Alexandre s'était dépensé depuis l'aube pour ce résultat. Maintenant il cherchait un couloir d'envolée que ne viendrait pas troubler la meute maladroite des tireurs de « Bacalaos ». L'ayant trouvé, il me demanda de me poster avec la « Luna» à une vingtaine de mètres de lui, face au vent, pour le lancement.

- Tu le tiens le plus haut possible, par là - en indiquant la croisée des quatre traverses de roseaux formant l'armature - et tu gardes la queue dans ta main à cause des broussailles ... même quand je te dirai de lâcher, contrôle que la queue se déroule dans ta main tant que la «Luna » n'aura pas assez de hauteur.

J'ai beau me dresser sur la pointe des pieds, la taille du cerf-volant ne me permet pas de le présenter bien haut. Cela doit cependant suffire puisque :

- Lâche!

Avant que l'ordre ne me soit parvenu, j'ai vu mon oncle esquisser un départ de course et, instinctivement mes doigts ont desserré leur étreinte tandis que le fil tendu leur arrache la «Luna ». Dans un frémissement sonore dû aux papillotes, la «Luna» s'élève. La queue s'est vite enfuie de ma main et, comme je reviens sur Alexandre, arrêté et rendant du fil, je peux, tête rejetée en arrière, suivre la majestueuse escalade du cerf-volant.

- Je croyais avoir mis trop de queue, dit mon oncle, mais avec le vent d'aujourd'hui c'est préférable.

 

Le poids de la queue est un élément décisif du bon fonctionnement de nos types de cerfs-volants, cor elle les oblige à présenter leur face au vent sous une incidence qui leur évite le déséquilibre. Clignant des yeux dans le soleil, mètre après mètre, Alexandre contrôle la montée de notre «Luna ». Elle a déjà dépassé le niveau des« Bacalaos ».

 

Aïe!

Un voisin a désuni son «Barilete» et, dans ses loopings, ce dernier risque de venir s'accrocher à notre fil. Heureusement, le gamin, pas trop maladroit, rétablit la situation.

- Tu ne veux pas te mettre encore plus près? lui jette mon oncle, un instant courroucé.

 

Les derniers mètres de notre pelote de cordonnet se dévident et dans la main d'Alexandre ne subsiste plus maintenant que le bâtonnet sur lequel il était enroulé. Jusque-là, silencieux et attentif, j'ai surtout suivi la décroissance progressive de la «Luna» dans le ciel. Elle n'est plus qu'un point noir bien au-dessus de ses frères.

- Tiens, prends-la! Mais attention, elle tire très fort.

C'est vroi qu'elle tire très fort.

- Qu'est-ce que tu en dis?

- Tonton, tu es un champion. On envoie un message?

Mon oncle extirpe de sa poche des carrés de mince carton blanc d'une dizaine de centimètres de côté. Chacun est percé en son centre d'un trou suffisant pour être enfilé sur le bâtonnet puis glissé sur la cordelette. Tout en s'affairant à l'opération, Alexandre demande :

- Qu'est-ce que tu lui dis à ta « Luna» pour ce premier message?

- Que c'est une championne ... la championne des champions.

Déjà poussé par le vent, le carré blanc est parti dans une ascension d'abord hésitante, puis régulière, le long de l'hyperbole du fil. Nous ne le distinguons bientôt plus.

- Bon, je vais voir M.Sanchez qui est là-bas, dit mon oncle en  désignant à une centaine de mètres un voisin qui s'évertue à faire partir le bacalao de son fils, ... et tu fais attention en envoyant les messages à bien tenir le bâton parce que, autrement, la Luna on la retrouve à Tamasouët !

II s'éloigne.

C'est merveilleux ce qu'elle tire, ma « Luna»! J'ai mal aux yeux à force de la regarder dans le soleil. De temps à autre un coup de vent lui fait esquisser un pas de danse qu'accompagne la longue traîne de sa queue. Parfois, en exerçant sur le bâton une traction de tout le bras, j'obtiens le même résultat. Un à un, les messages que je lui envoie lui apportent les témoignages de mon admiration. Pas un cerf-volant qui Se tienne à cette altitude, tant s'en faut.

- Elle marche drôlement bien, ta « Luna» !

Un garçon, dans un débraillé de tarambana, se tient à mes côtés.

- C'est toi qui l'a fait partir, continue-t-il.

- Non, c'est mon oncle, et c'est lui qui l'a fabriquée tout seul.

- Eh bien, c'est un champion ton oncle! Je m'appelle Tonio.

Les compliments successifs ont détendu ma méfiance.

- C'est le monsieur là-bas, ton onde?

- Non, l'autre avec les cheveux blancs.

Un moment de silence.

- Tu me la laisseras tenir un peu?

- Ah non!

- Je peux quand même toucher le fil pour voir comme elle tire.

Et sans attendre mon accord, il saisit la cordelette à quelques mètres de moi et exerce quelques tractions.

 

- C'est vrai qu'elle tire bien, scande-il à plusieurs reprises, puis brusquement il s'enfuit droit devant lui en hurlant:

« Corta hilo, corta hilo ».

Entre les mains, je n'ai plus qu'un morceau de bois inerte et quelques mètres de fil. Ma «Luna », elle, dégringole dérisoirement vers le camp américain à cinq cents mètres de là.

 

Mon oncle et M. Sanchez qui ont vite compris l'agression dont j'ai été victime, s'élancent, avec la vitesse de leur âge, en direction du point de chute. Je n'ai guère de mal à les rejoindre mais nous voyons bien au loin s'affairer la bande de garnements qui attendaient l'aubaine.

Nous récupérerons quand même la «Luna », le papier est déchiré, certes mais l'armature est intacte. Quand au fil, les canifs hâtifs de la bande à Tonio n'en ont laissé subsister qu'une trentaine de mètres. Malgré son essoufflement, tonton Alexandre console :

- C'est rien à changer le papier et j'ai une autre pelote de fil.

Il était gentil, tonton Alexandre, mais il ne put m'empêcher de rêver, cette nuit-là, à une terrible bataille de « Bacalaos » et de « Bariletes » au milieu desquels ma « Luna » ne pouvait s'élever.

 

Quel cauchemar!

 

Repost 0
7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 18:00

 

 

La vive royale

 

.

 

Soudain le somnolent capitaine s'anime comme électrisé puis à doubles brassées remonte sa palangrotte.

 

- On est sur des pagres, dit-il bien avant d'avoir vu sa prise, attention à toi !

Presqu'aussitôt Amélia reçoit deux secousses simultanées sur l'index qui soutient le fil. Ferrage impulsif puis à son tour elle récupère à toute allure, sans perdre le délicieux contact de la défense tressaillante du poisson.
Riqué soulage enfin deux pagres de la taille d'une main d'homme, au front buté et à la robe étincelante en attendant les lilas de l'agonie.

 

 

peche-2_0494-800c1.jpg

 

Impatiente je me penche vers l'eau tout en continuant de lover le fil à mes pieds. Je les vois enfin; " les " car j'ai au bout de ma ligne deux pagres identiques à ceux de mon ami.
Vite ! Décrocher les poissons, les jeter dans le sarnatcho, réappâter, refaire courir la palangrotte vers le fond ...
Las ! Nous avons dépassé la sèche ... A nouveau l'attente.
- Tu portes  la schkoumoun, m'assène le nain sans méchanceté.

Je commence à me faire une raison de  ce peu d'animation lorsque la cordelette se tend sourdement, comme si le plomb ou les hameçons crochetaient dans un obstacle. Pourtant ça se défend lourdement là-bas, au fond ...
J'entreprends de hisser régulièrement tout en lançant d'un ton détaché:
- Je crois que j'en tiens un gros.
Riqué se penche, saisit la cordelette et ausculte.
- Tu le montes pas dans le bateau  avant que je te dise.
- Pourquoi ?
- C'est peut-être une " araignée" ...
Une araignée, une vive !
Je sais combien elle peut se révéler dangereuse avec ses différents dards venimeux que j'ai pu examiner sur des sujets morts ...

Il s'agit bien d'une araignée, une Royale précise mon mentor... Elle donne une impression de puissance d'autant qu'elle résiste sans se débattre au contraire des pagres, elle ondule de la queue comme un félin se préparant à bondir.
- Tu me la laisses monter, commande le capitaine.
Alors que la vive  se trouve à quelques décimètres de la surface, elle se déchaîne brusquement; lame ressort vibrante elle éclate le miroir, replonge, rejaillit ! Posément le pêcheur contre ses défenses, attend l'épuisement de l'animal.
Enfin il peut soulever, de très haut le bas de ligne - étant petit il a préféré monter sur le banc de nage -  et d'un mouvement précautionneux faire passe le plat-bord à leur invitée ... Qui choisit ce moment pour recracher l'hameçon et se rendre immédiatement maîtresse du plancher de la barque.
- Fous-toi à l'eau, hurle Riqué!
Sans réfléchir j'obtempère tandis que maintenant , recroquevillé sur l'étroit pontement de l'étrave, mon copain s'esclaffe de mon air ahuri.
Accrochée des mains à la pastéra, je peux voir l'araignée pleine de vie et d'aigreur, avec son museau bizarrement profilé, sa bouche largement fendue ourlée d'une fine lèvre et ses yeux rapprochés de tueuse.

 

 

araneus.jpg

 


Le nain a saisi et jeté le voile de jute sur la bête. Il se précipite armé d'une bouteille et assène un grand coup ! ... Si grand que la bouteille explose, qu'un grand éclat de verre se fiche sur son pied droit et que, voulant s'étayer pour soulager la jambe le chef, qui ne rit plus, appuie malencontreusement la main sur l'araignée dissimulée par le jute ..., et se retrouve piqué au doigt.
Un instant stupéfait par une pareille accumulation de mécomptes, Riqué s'active à la recherche de son canif puis renonce à s'entailler la chair pour suçoter le doigt autour de la piqûre. Ensuite, devant moi et sans pudeur, il sort son zebi et pisse sur la plaie en guise d'antidote.
- Cela soigne ?
- Il paraît...
Puis il presse:
- Grimpe par l'avant et remonte l'ancre ... Faut que je rame le plus possible tant que je peux me servir de ma main.
Rageur il expédie à l'eau l'araignée ainsi que les plus gros tessons de verre. Très vite son doigt commence à enfler sans qu'il sente de douleur nette; le trépas du poisson écrabouillé minimisait l'inoculation.
- Au cabanon, regrette-t-il, j'ai du nitrate d'argent pour ce type de piqûre, ..., j'oublie toujours de l'emporter.
Je m'assois à côté de lui sur le banc et prend l'autre rame; cahin caha nous parvenons à  rejoindre la piscine.
Riqué soufrant visiblement, je l'accompagne jusque chez lui où ses parents le prennent en mains.
Quand je rejoins Janette qui a lancé la cuisson du grain en voyant la pastéra revenir, il est plus que trop tard, le riz a accroché ...
Quelle sortie !


Repost 0
7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 18:00

 

 

 

Un gros figuier fiché dans la falaise


 

imagesmlo.jpg

 

 

...qui ponctue la base des calcaires au-dessus de l'Abri-Côtier, mûrit des fruits petits mais très savoureux... Leur cueillette revêt pour José un double charme: celui d'apporter à sa mère un dessert peu onéreux et, durant la prospection, celui de jouer à Tarzan.


De tous les types d'arbres qu'il pratique, le figuier lui vaut les émotions les plus profondes...

Très vite les branches maîtresses se prolongent en rameaux dont la souplesse et la fragilité créent le risque; le pied nu doit évaluer la limite de rupture et, lors même que l'appréciation s'avère juste, il s'ensuit un balancement qui interdit le mouvement brusque.

Chaque prise de fruit exige une réflexion, une tension et une économie de gestes que jalouse le caméléon voisin rencoigné sous une feuille.

Parfois dix centimètres à peine séparent la figue des doigts et dans l'instant il faut réévaluer toutes les données: l'avance encore permise par la branche qui supporte, la branchette à saisir pour délester du poids ...

La chatte qui épie le mulot débande sa tension en une fraction de seconde; là, le succès ne peut s'apprécier qu'après une retraite parfois plus délicate que l'avancée.

En sureté enfin, la figue rejoint ses soeurs au fond du panier d'alfa, tapissé de feuilles velouteuses gouttant leur lait poisseux...

 

 

 

indexjkl.jpg


L'esprit ne repose que l'espace d'un instant: plus haut et plus loin encore, une dernière figue le nargue et il ne saurait partir sans l'avoir cueillie.


Repost 0