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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 10:21

 

 

 




 

Pêche de la palomine

 



J'avais à peine six ans :


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"  C'est dans un buisson du jardin de l'hôtel que j'aperçus un petit bouchon de pécheur, qui traînait là sur un morceau de fil et j'obtins de maman qu'elle l'attache à un bout de cagna et y ajoute une épingle recourbée en guise d'hameçon... Et roule le petit garçon à aller déterrer du sable ces petits vers rouges tressautants puis  à tirer de l'onde claire un puis deux puis trois éclats d'argent...Des palominettes pour dire combien elles étaient petites !  "


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Ce plat poisson d'argent rutilant peut atteindre une quarantaine de cms mais, à cette taille, il chasse en troupe à quelques distances du rivage et on ne peut l'atteindre à la canne qu'en se postant tout à l'extrémité d'ouvrages maritime ... Comme ici,

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... tout à l'avant du premier des terre-pleins s'avançant dans le port de Mers el Kebir ...

La canne à lancer doit être une trique pour le ferrage mais c'est en contradiction avec le lancer qui doit être des plus moelleux compte tenu de la fragilité de l'appât ( une lanière de sardine plus ou moins durcie au soleil) et au plomb -plaquette de l'ordre de 5/10 grammes ! ...
Le plus emballant c'est de pêcher à la "floja"  à condition d'avoir un jour sans vent ... On tire une trentaine de mètres du moulinet puis on le love à nos pieds ... Le fil est assez gros, 30/cent. et l'hameçon de 6/8 type bleu longue tige, est frappé directement sur le nylon ... Le plomb plaquette est à peine à 15cms de l'appât... A la main on fait tournoyer le bas de ligne souplement et quand on lâche, le jet est des plus moelleux et la distance suffisante ...

Là il faut vite s'asseoir car les palomines chassent en surface et se méfient ... A peine le plomb a-t-il touché l'eau qu'on commence à ramener doucement, le fil tiré par la main droite et coulissant sur les doigts de la gauche ... L'attaque de la palomine est brutale, électrique ... Dans la fraction de seconde il faut ferrer sinon le poisson recrachera l'appât ...C'est là qu'on apprécie un gros fil sinon attention les coupures ...


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La palomine est plate et pèse au mieux la livre mais elle a l'art de se contorsionner à un point tel qu'on a le sentiment de ramener un poisson beaucoup plus gros ... Au moment de l'attaque, je vous dis pas l'adrénaline ...

Par contre, question culinaire, ce n'est pas ça ... Comme qui dirait farineux et de toutes façons ya pas grand chose à manger ... Jusqu'à la dernière seconde ses copines l'ont escortée dans sa défense désespérée ... Piquée toujours en bouche, elle repartira si vous la rejetez à l'eau ... N'espérez pas trop alors reprendre une autre diablesse ...






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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 17:20

 

 




Pagre,Denti et Pageot:le bon, la brute et le truand



 

A voir le nombre de recettes cuisinant le pagre, ou bien on le confond avec le pageot,

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 ou bien c'est le nombre de pagres importés des côtes africaines qui a développé ces habitudes culinaires ... 

 

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Encore que la ressemblance tire plutôt du Denti ...


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Du pageot il a la robe rosée mais moins franchement et il lui manque le carmin éclatant de part et d'autre de l'épine dorsale ... Surtout il a le front bombé, têtu des grands bagarreurs tandis que le pageot a le museau allongé ...

Question alimentation, le pageot est omnivore, le pagre carnivore et le denti piscivore... Le premier est grégaire,  les deux autres sont des solitaires mais le pagre se cantonne dans un territoire tandis que le denti est sans cesse par monts et par eaux...


Le denti a la robe encore plus nacrée, des taches bleu sombre colorent son crâne ... Son front est encore plus obtus que celui du pagre samachoire diffère : alors que chez ce dernier elle est pavée comme celle de la daurade, chez le denti elle est toute armée en incisives agressives et coupantes...Quatre en haut et quatre en bas, ces dernières si longues que parfois elles sont en apparentes ...


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...Un vrai carcharodon en miniature ...


 
On est jamais aussi bien renseigné sur ses adversaires qu'après les avoir préalablement observés ... Interdit de plongée par la Faculté, je n'en avais pas moins revêtu combinaison , palmes et masque et, accroché d'une main au plat bord de la pastéra de Riqué, je m'amusais à observer le comportement des poissons qu'il recherchait à la palangrotte...
Il appâtait avec des morceaux de crevette salée et je pouvais les regarder descendre jusqu'à ce que le bas de ligne atteigne le fond... Ce fond consistait en "sèches", mélange de sable et de roches à peine émergeantes, qui se tenaient par 10m de fond à une centaine de mètres du bord ...
Le premier , quand il y en avait un dans la zone, à atteindre l'appât, était le pagre ... Il déboulait, tâche claire depuis le bleu obscur, dans un rush rectiligne qui stoppait net un morceau de crevette disparu en bouche...
A tout coup il devançait les serrans communs pourtant rapides mais qui marquaient toujours un instant d'hésitation...
Le temps s'était arrêté ...
Le ferrage du pêcheur déclenchait une explosion dans ce paysage serein.. Le pagre,même petit, est rude batailleur.. Les autres poissons se prenaient dans la suite de la pêche, dans un ordre précis mais ce sera l'objet d'un autre article.
Lorsque le coin était "nettoyé", Riqué soulevait l'ancre pour que la pastera puisse dériver quelques temps puis il l'immobilisait à nouveau ...
Si un pagre résidait dans la nouvelle zone, on pouvait être certain que le précédent scénario se renouvellerait ... Tout celà pour dire que le pagre, plutôt solitaire, aime à se tenir sur un territoire le fournissant en crustacés, vers et coquillages correspondant à son alimentation de carnivore...L'allure d'obus fonçant vers la proie et aussi caractéristique de  cette espèce...

A propos du denti voici ce que j'écrivais dans l'article sur le marbré :

" C'était à peu d'années de là, nous campions sur la plage du Lion de Rocapina en Corse ... Devant mes bredouilles de jour, je me levai une nuit de pleine lune à 2h du matin et lançai  (hameçon de 8/fil de 28 avec queues de bernard l'ermite) ... A peine le plomb au fond, la canne s'agite fébrilement ... Je ramène deux marbrés d'une  douzaine de cms ... Je renvoie avec de nouvelles esches et la canne reprend sa gigue ... Je n'ai pas tiré de plus d'un mètre les nouvelles prises, qu'un grand choc ... Très vite je m'aperçois que la chose en face ne s'affole pas, calmement elle veut m'arracher un poisson ...  Finalement j'ai le dernier mot mais sur le bas de ligne, proprement cisaillé en deux, ne subsiste que l'avant d'un marbré !!! ...
Du fait du tranchage parfait, j'imagine, depuis lors, l'attaque d'un denti ..."


Quant aux pageots ...


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Ils sont mangent tout ce qui leur tombe sous le nez et comme ils vivent en bande, c'est la foire d'empoigne ... Quand ils sont là, il n'est pas rare, avec une palangrotte à trois hameçons, de remonter trois prises ... Et qu'est-ce-que ça gigote ...Trop vite ça arrête de mordre, la troupe est partie voir ailleurs...Elle repassera plus tard ou bien une autre ...

Ce scenario se déroule idéalement vers la fin de l'été, à la tombée de la nuit, entre 18 et 21h. , à 400/500m. du rivage et par une trentaine de mètres de profondeur ... Le plus souvent ce sont les bezougues qui se comporteront ainsi, la différence c'est qu'il seront un peu moins roses, un peu moins bons ...




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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 17:00

 

 

 

Pêche du sar de Rondelet

 

 

 


Monsieur Rondelet qui portait bien son nom ...


0 Rondelet

... compagnon de fêtes de Rabelais à l'Université de Montpellier, entre autres activités scientifique, fut le premier à étudier sérieusement les poissons...

... Son mérite a fait attribuer son nom au roi, sinon des poissons, du moins des poissons de pêche à la canne en Méditerranée ...


2

Du roi il en a les comportements ... Observez le dans l'onde claire, il semble vouloir vous refuser le passage, rechigne à s'écarter puis soudain, fulgurant, il s'éloigne de plusieurs mètres quand ce n'est pas pour disparaître dans la profondeur... Il n'y a qu'aux abords de son trou, à l'entrée duquel il rejoint quelques compagnons, qu'il semble nonchalant ...


9 trou à sars

Le trou est l'endroit le plus assuré pour tenter de le capturer mais ombien de galeries, combien d'autres entrées y a-t-il sous cette roche ?

Comme vous le voyez, les sars semblent brouter ... En réalité ils recherchent petits crustacés, néréïdes, moules, oursins et à voir...


11 machoires

... les incisives et les molaires qui pavent leur mâchoire, il peuvent se permettre cette alimentation et nous de nous demander comment un ardillon va pouvoir se frayer un chemin dans ce Paris-Roubaix ...



Cette alimentation de choix doit contribuer au prestige de l'animal encore qu'il s'en prenait jadis près des égouts d'une grande ville... Voyez comme ce poisson est beau !


1
Pour l'heure nous allons le pêcher dans l'environnement rocheux qui lui est habituel... Avec une 3/4 mètres solide, à poser er un petit moulinet réserve de fil ... Pas question de pêcher à soutenir, on accrocherait trop : une olive de 10/20g coulissant sur un corps de ligne de 28, avec un bas de ligne de 30cms diamètre 22/24 ...

En bout un hameçon de 4/6 ... Assez paradoxalement je vais utiliser un modèle bleu, étroit de hampe, longue tige et fin de fer : moins le poisson sentira de ferraille dans la mâchoire et plus vite il expédiera la bouchée au fond du gosier et là ...

D'autant que ladite bouchée, j'ai omis jusqu'ici de vous le préciser, consiste en pâte ! ... Hé oui, le Sar ne dédaigne pas cette esche à condition d'y avoir ajouté du râpé ... Peu importe qu'il soit du Jura, des Alpes, du Massif Central ou des Pyrénées, que ce soit au minimum de l'entre-d'eux ... Je préfère le crème de gruyère qui fait une pâte plus homogène...


3
Car nous allons pêcher dans une mer qui cogne pas mal et rend la surface laiteuse ... Bien que le sar ne morde qu'à fond, à même la roche, il est chahuté et doit décider vite au risque de voir la boulette engloutie par la bouche d'un concurrent ...  En fait de boulette il ne s'agit plus de celle que nous déposions sur l'ardillon pour pêcher la saupe mais d'un ballonnet soigneusement pétri et lissé sur l'hameçon qu'il dissimule totalement ...

L'action de pêche va consister, d'un mouvement ample de la canne, à laisser descendre le bas de ligne vers un fond que nous aurons reconnu par mer calme ...Puis, canne posée avec un rien de mou dans le fil, d'ATTENDRE ! ...On négligera les titillements, de temps en temps on remontera pour remplacer l'appât ... Le montage n'excluera pas les croches mais l'hameçon bleu a suffisamment d'élasticité pour décrocher le plus souvent ...

Le sar qui a engamé démarre tout d'un coup, il vaudra mieux avoir vite la canne en main ... Ferrage souple mais aussitôt après veiller à tenir la bête éloignée de l'encadrement rocheux...

Il est rare, de jour, de goûter à ce plaisir.


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Il y a bien d'autres esches et techniques pour prendre le sar de Rondelet.



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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 16:38

 

 

 

Pêche de la salpa

 

 


Pourquoi évoquer un poisson que peu de personnes mangent ...

 

 


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et certainement pas les chats ? Que nos scientifiques déconseillent s'il n'a pas été fraîchement éviscéré ?

Déjà il appartient à la noble famille des sparidés ... De fines rayures longitudinales de couleur or rendent, par moment, sa robe éblouissante ... Mais la raison principale de mon choix est que, sur tout le littoral nord Méditerranée, c'est une des rares espèces que l'on peut voir communément de jour, autour des pointes rocheuses qui bordent les plages ... Sans craindre Caulerpa Taxifolia, l'algue tueuse, et pourtant il s'agit là d'un poisson brouteur ...

En mon jeune temps on préconisait d'utiliser une algue comme esche, algue filamenteuse vert sombre qui se liait aisément à l'hameçon mais que je n'ai guère trouvée efficace alors qu'il en existait une, frisottante, vert claire, avec laquelle j'ai vu prendre de belles saupes d'un kilo et plus ... C'est là un poids maximal pour cette espèce ...

Le pêcheur à la canne a plutôt affaire à des saupes d'une centaine de grammes voire de bien plus petites ... Avec un masque on peut constater que ces poissons se déplacent par bancs d'age, si vous en sortez une première, les suivantes auront même taille ... Avant de parvenir à ce résultat, il vous en aura fallu des échecs ...

Car la saupe n'est pas facile à capturer, elle a une petite bouche, prognathe et dentée, dont elle se sert pour grignoter l'extérieur de l'esche jusqu'à ce que, agacé par les titillements de votre bouchon en surface, vous ne ferriez sans autre résultat que de finir de déliter votre amorce.
 


Lorsque votre canne ramène vers vous une saupe moyenne, prenez soin, de la paume, à occulter l'anus ...


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... sous risque de recevoir sur la chemise un jet de purée verte ... Mais ce n'était pas là ma raison de ne pas la manger: autour de moi on la disait peu goûteuse et une fois nettoyée ( avec quelle peine!), elle était toute "tchaffée", flasque ...

Toutefois la "comestibilité" de la saupe a des avocats qui vont même à en faire l'un des poissons rois ! Je renvoie à un site qui développe, avec humour, la controverse entre défenseurs et adversaires de la saupe en cuisine

Il s'agit de: Mémoires de Bains Romains

Si l'on ne veut pas consommer ces brouteuses, on peut conserver le plaisir de les pêcher ... Ce sont de valeureuses adversaires à la défense lourde et vigoureuse qui ne cesse pas dès lors que sorties de l'eau, comme l'oblade par exemple ...

Ayez une gardonnette télescopique de 3 mètres, légère de façon à pouvoir la manier talon dans la paume; ce qui vous permettra le maximum d'aisance pour aguicher ou surtout ferrer dans le plan d'enfoncement du bouchon ce qui vous amènera à des ferrages latéraux ... Donc, vous le voyez déjà, une pêche qui s'annonce technique mais ce n'est pas tout ...

Un 14 centièmes suffit pour la ligne si vous prenez en compte la délicatesse préconisée par ce qui précède ... Il vous permettra de ramener à vous des saupes allant entre 100 et 150 grammes
ou bien même à vous débarrasser des mini-saupes qui ne cessent de pourrir le trou où vous appâtez d'autres "morailles" : la première salpa prise et rejetée aussitôt devant vous à l'eau, communiquera sa frayeur à tout le banc ...

Pour le bouchon, l'un de ceux de la photo qui suit ira ...



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... La saupe est méfiante et moins il y aura de résistance ... On plombera en conséquence ...

Quant à l'hameçon, tout le secret de la réussite tient à lui : un n°18 ! Hé oui ! Toujours cette souplesse du poignet dans un bras d'airain ...

 

 

 

Cet hameçon peut être de forme standard mais si possible fort de fer ...


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L'important c'est ce qu'on va mettre sur la pointe de cet hameçon ...

La saupe ne demande qu'à être distraite de son menu d'algues ... Le mieux est une miette de la baguette fraîche que vous avez amenée pour le casse croûte ... à peine humectée et pétrie en une minuscule boulette que l'on plantera sur la pointe du tout petit hameçon ... Tout le secret est là, en bon sparidé la salpa n'est pas indifférente aux petites bouchées: ne pouvant grignoter, elle engame du bout des lèvres, des lèvres qu'elle laissera parfois sur l'hameçon à l'issue d'une bataille désespérée.

Mieux, préparez la veille une pâte à partir de pain trempé  dont on réserve la croûte qui servira à "bromedjer" , à appâter sur le lieu de pêche : les plus gros morceaux partiront en surface vers le large à la recherche d'éventuelles oblades (ce sera le prochain article), les particules s'enfonceront pour aller rameuter saupes et autres morailles.

Quant à la mie, bien essorée et soumise à un premier pétrissage, elle reposera de la nuit ... Au départ le lendemain, à nouveau un long pétrissage pour lui donner la souplesse souhaitée ... En mon jeune temps existait tout un cérémonial à base de bidon près de la cabane au fond du jardin, dans lequel se décomposaient des vieux fromages et autres saloperies, "mescla" à partir de laquelle on recueillait une cuillère de "jus", dont l'adjonction à la pâte attirait irrésistiblement les poissons ... Disait-on ... Plus qu'à mon tour j'ai eu droit à aller recueillir la cuillerée de "jus"
et j'ai sans doute la nostalgie de ce temps puisque je continue d'incorporer à mes pâtes une portion de Vache qui Rit ...
J'ajouterai que, votre infime bouchon vous attendrez qu'il parte vraiment avant de ferrer et vous ferrerez léger, simplement pour assurer l'enfoncement de l'hameçon ... La suite appartient au Mystère de la Pêche et à son officiant ... Encore que ...

Si je ne mange pas les saupes, si je ne les rejette pas aussitôt à l'eau afin qu'elles n'effraient leurs congénères, je ne vais tout de même pas les laisser crever dans mon panier ! ... J'emmène une bourriche métallique qui trempe et où elles attendent la fin de la pêche ... Parfois un trou d'eau propre de la roche suffit ... Les lolitas et leurs grands mères en ballade sur le sentier littoral pourront s'extasier à leur vue ...

Les saupes petites et moyennes peuvent se pêcher par eaux calmes et même transparentes; bien qu'un friselis en surface soit favorables ... Pour les grosses il faut que ça cogne ...

 

Depuis le mauvais souvenir qu'une grosse saupe m'a laissé, je ne tente plus de la pêcher ... C'était d'ailleurs en chasse sous-marine; j'avais détaché la cordelette de ma flèche puis tiré dans le tas ...

 

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Ma flèche se trouvait maintenant sur le fond transperçant une énorme saupe qui "soubresautait" mais quand j'ai commencé de la remonter, son ventre s'est mis à lâcher des brassées de tripaille qui ont eu vite fait de m'environner ... Beurkh ! ... J'ai fait coulisser le poisson le long de la flèche et l'ai abandonné à son élément ...



 

Toutefois, j'ai assisté un jour à une fabuleuse prise de grosses salpas dont rend compte le récit qui suit ...


"" C’est Jeannot Safra le grand fils des voisins qui fit découvrir à Tarambana  la pêche de la grosse Salpa à l’herbe. Venu en permission pour deux jours, il n’avait pas plus tôt déposé son sac à terre et un baiser sur le front de sa mère qu’au plafond de la véranda il choisissait la "cagna" la plus rigide, une véritable trique, à peine équipée d’un fil de gut, d’un bouchon à vin troué et d’un gros hameçon rouillé.



 

Ainsi, il s’était aperçu de ma présence.

         Déjà il s’éloignait, dégringolait le sentier vers le bord de mer et bientôt s’installait non loin du rocher du Chameau.

         Tarambana  suivait à distance, incertain d’avoir bien compris l’invitation : un rigolo qu’il lui apparaissait ce Jeannot, quand on pense à M.Safra et à tout le cérémonial accompagnant chaque départ pour la pêche... Le rigolo n’avait même pas d’appâts pour pêcher...

         Justement le rigolo, jambes de pantalon relevées, récoltait une algue verte frisottante qu’on surnommait salade. Tarambana  dit :



 

Gentiment le grand confie :



 

Résolument sceptique Tarambana entreprend d’observer minutieusement,

comme il sait si bien le faire, tous les gestes du jeune homme. Lui, redressé, debout sur la roche, tendu, par un grand soleil de la cagna expédie la pelote d’herbes au milieu d’une flaque d’à peine 50 cm de profondeur, non loin du rocher à salade. Puis il se rassoit sur les talons, bras tendu.

         Le léger ressac a tôt fait de repousser le bouchon jusqu’au rivage déclenchant un nouveau soleil de Jeannot ; et ainsi une fois, deux fois, dix fois sans que le grand ne perde son calme et sa concentration.

         Tarambana qui est rien moins que sarcastique ne souffle mot, il est même désolé pour le rigolo... Bien lui en prend.

         A l’issue d’un soleil la touffe de salade s’est à peine enfoncée dans l’eau que le bouchon de liège disparaît follement. Jeannot ferre brutalement, la trique se retrouve pliée et tressautante, des lueurs d’or sillonnent la petite mare, le museau d’une énorme saupe fait surface... D’un ample et doux mouvement de la cagna le pêcheur balance le lourd poisson à distance du rivage. Il prévient le petit garçon qui se précipite :



 

Le jeune Safra était bien le fils de son père, un champion !

Il prit aussitôt une autre salpa, peut-être encore plus grosse et mit fin à la partie de pêche. Sur le chemin du retour il confia :

- Les poissons c'est pour les parents de Lily Benguigui ... Ils aiment ...



 



 



 

Un moment plus tard depuis sa véranda, Tarambana aperçut Jeannot qui dévalait le sentier en direction du centre de Navalville, un sarnatcho à la main et lui pomponné comme pas un. ""

 

 

 

 

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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 16:11

 

 

 

 

 

 

Pêche de la bogue

 

 

 


 

A peine la boulette blanche s’est-elle enfoncée




poisson-070.gif 




que des escadrilles de moraille accourent, l’enferment et lorsque le bouchon trouve enfin son assise je peux constater qu’il ne reste rien à l’hameçon.
Qu’à cela ne tienne, je recommence...
Dès que je vois l’essaim de la moraille regroupé sur mon appât, je délivre un ferrage court et nerveux du bout de la canne... Et le miracle s’accomplit !...D’abord un éclair argent fait éclater l’essaim qui s’égaie ensuite en autant de scintillements. Puis c’est la sensation étrange communiquée par la canne dans la main, l’avant bras puis l’épaule de ce petit morceau de vie qui résiste farouchement... On aime ou pas mais dès qu’on est vacciné à ça, on reste pêcheur pour la vie.
Pour l’instant ce qui m’importe c’est d’avoir mon poisson. A peine extrait de l’eau il soubresaute doublement, la pointe de la canne se courbe et tressaute encore plus. Ma maîtrise du matériel est telle que la bête vient se loger naturellement dans ma main gauche mais à peine saisie elle m’expédie sur le chemisier une giclée verdâtre issue de son anus...
Qu’importe ! A l’avenir je m’efforcerai d’orienter différemment son abdomen...
Sans peine je décroche mon petit hameçon de la lèvre de ma capture et dépose cette dernière dans le sarnatcho. Elle s’agite encore mais je peux la détailler : son corps est allongé, fuselé et totalement argenté mais ce qui frappe ce sont deux immenses yeux ronds dont les dernières lueurs semblent chargées de reproche...
Une "bogue" me dira plus tard José.          "
 
 
La Bogue c'est le poisson que voilà :



bogue180.jpg

 
Vous apprécierez que certains aient choisi de l'appeler Gros Yeux ... Grégaire, les troupes qui viennent au rivage sont formées d'exemplaires d'au plus 15 cms ... Vorace, il est difficile de la devancer sur l'esche qu'elle engame sans précaution et le fait d'une bogue qui se décroche ne suffit pas à décourager ses copines ... Pour dire à quel point elle est vorace et étourdie, il m'est arrivé de crocheter deux bogues en même temps par la bouche ... sur le même hameçon !!!

Sinon on monte un bas de ligne à deux hameçons distants de 5cms et les coups doubles sont fréquents ... La pate bien sûr et toujours mais il y a mieux : la grosse crevette fraîche du marché ... On la décortique puis on met les corps dans un bocal avec du gros sel; après avoir durant quelques jours éliminé le jus qui se forme, elle est prête ... Durant l'action de pêche, après rinçage, une crevette reste en bouche, détaillée par les dents au gabarit que réclame l'hameçon et présenté, au moment idoine, par le bout de la langue  ... Faut supporter le goût !

Bien fraîches, nettoyées et bien frites à la poêle, on les saisit et des dents on détache les filets ... Comme pour les sardines, c'est moins savoureux que ces dernières mais c'est pas mal quand même.





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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 15:00

 

 

 

 

 



 

Pêche de la doblade


Commençons d'abord par ce récit de pêche à l'oblade.


 

1

 




 

« «  Il nous faut arriver tôt, avant que le vent de terre ne faiblisse. Devant, les trois pêcheurs, leurs « cagnarones » sur l'épaule, impriment le rythme de la marche.

 

Les cagnarones sont de grandes cannes de roseau d'un seul tenant sur 4 à 5 mètres de longueur. Les cloisons nodales de l'intérieur ont été percées au prix d'un minutieux et interminable travail dont je vous ferai grâce sauf qu'il permet ensuite de passer le fil de coton poissé à l'intérieur du roseau. Il suffit alors d'axer une bobine de fil vide (carrutcha) en bas du plus gros diamètre de la canne et d'attacher le bas de ligne à l'autre extrémité.



 

 Toujours longeant l'abrupt, sur l'infime sentier, nous approchons de la Pointe aux Doblades qui se découpe comme une lame de silex taillé emmanchée dans la falaise.

La Pointe a des reflets bleutés qui contrastent avec tout le crayeux qui nous entoure; en fait ce sont des centaines d'entonnoirs de dissolution de la roche, de toutes les tailles, qui donnent cette sensation de couleur, par l'ombre créée dans chacun d'eux. Ce sont ces entonnoirs qui vont constituer le second obstacle de notre expédition, par la difficulté qu'ils présentent à la progression mais surtout à s'y tenir: c'est là que je vais apprécier mon pantalon américain,

 

Aussitôt les accompagnateurs entreprennent de vider deux musettes de croûtons de pain sec, dans un vaste entonnoir rempli d'eau de mer; des doigts Tarambana entreprend de hâter le délitement ... Dès que possible il rassemble les miettes détachées et, en petites boules à peine essorées, il en arrose l'eau bordant la rochesous nos pieds.

- Regardez comme le courant il entraîne bien ...

 

Durant ce temps les pêcheurs, Riqué, Tartare et Striguilipi, ont monté leur cagnarones. Les bas de ligne se composent simplement de deux mètres de gut portant deux bouchons à vin retaillés et, cinquante centimètres plus bas, deux hameçons de bonne taille ... Les hameçons se dissimuleront sous des croûtes de pain frais de la taille d'un timbre poste et, avec l'aide des bouchons eux-mêmes distants d'un demi mètre, entraînés par le courant, ils vogueront en surface loin de la roche ... Les pêcheurs leur libéreront du fil au fur et à mesure, par tirades de la carrutcha et hochements de  la pointe de la canne ... Croûtes et bouchons vont s'éloigner, de moins en moins discernables dans l'eau écumeuse, de plus en  plus épiés par toute la bande.

 

- Capusons ! Capusons loin devant, s'égosille soudain Cavallo.   

Au vrai, « capuson » veut dire plongeon et ce que nous apercevons c'est comme des impacts de cailloux frappant la surface de l'eau.

 

 

4



 

- Mmmmmmoi, s'étrangle leTartare que l'émotion fait bégayer à nouveau.

Là-bas son premier bouchon a disparu et le second zigzague en tous sens à la surface de l'eau puis plonge à son tour. Le fil se raidit déclenchant le ferrage léger de Hyacinthe qui sait qu'à ce stade le poisson est bien pris. De la pointe tressautante de sa canne, il accompagne les déplacements sous marins de la bête, vers le large, vers nous,  la droite ...

- Traîne pas trop, conseille Riqué, ça va faire sauver les autres.

Le colosse s’exécute; à grandes brassées il ramène le fil qu'il embobinera plus tard puis relève doucement le cagnarone ... Il révèle bientôt un splendide poisson mais autant ce dernier se défendait auparavant, autant à l'air libre il est inerte, comme sorti d'une glacière !

 

Il retrouve un peu d'animation tandis que Hyacinthe le décroche de l'hameçon; déposé sur le fond d'un panier, il retourne à la léthargie. Ce qui me permet de l'admirer et à son vainqueur de me préciser:

- Une speg ... Spreug! ..Scarg! ... Hé merde, dis-lui José !

- Une spargatéra... Parce qu'elle a la taille d'une semelle d'espadrille ... Une des plus grosses qu'on peut pêcher.

Sa robe est d'argent bleuté et une barre noire raie sa queue; si l'on peut dire le sar  plutôt rond, la Doblade est nettement ovale. Il y a comme du reproche dans le gros oeil rond qui me fixe ...

Dans le même temps Riqué et Stiguilipi ramènent des proies; la frénésie s'empare du groupe: tels décrochent les poissons, tels accrochent de nouvelles croûtes aux hameçons ...,  puis, vite, les pêcheurs expédient leurs lignes... Telle gratte et vide les prises.

 Les doblades se trouvent maintenant à quelques mètres de distance et la compétition qu'elles se livrent entre elles les privent de toute prudence.

Une vraie chambre de mort !

A tour de rôle on se passe les cannes mais mes petits bras ne parviennent pas à soutenir le lourd cagnarone; la rabia au ventre je dois renoncer à prendre ma première spargatéra.

 

Le soleil chauffait arrêtant le vent de terre, l'eau claire et apaisée faisait s'éloigner les poissons.  Quand tout fut terminé, une trentaine de grosses doblades débordaient des trois 

sarnatchos,

 

On me remit deux spargatéras, question goût le poisson n'est pas extraordinaire ... ""



 

 

Cela se passait il y a bien longtemps mais au matériel près cette pêche n'a pas changé.

 

 

 

 

3

 

  

 Le cagnarone est remplacé par un lancer léger de 3/4 mètres ... Les bouchons de liège laissent la place à un buldo translucide qui permet d'atteindre plus vite l'endroit où se tiennent les oblades ... Sinon c'est kif kif; à part que ces poissons sont peut être aujourd'hui plus méfiants, ou plus rassasiés ou moins nombreux ... Va savoir !

 

Bien que cette technique de pêche du bord soit la plus exaltante, on peut aussi prendre , plus ou moins volontairement, l'oblade au coup.

Généralement c'est avec une pâte du genre de celle que je décrivais pour la saupe mais par contre l'hameçon est plus fort (14/16) et généreusement entouré de pâte, le bouchon au moins à (80/100cm) ... La surface de l'eau est sans cesse blanchie par le ressac ...

Des morcesux de crevette, des vers conviennent à ces oblades de passage, les chances augmentent si l'on arrive à saisir de petits arthropodes mille pattes, sorte de petites cloportes  qui tapissent le plafond des anfractuosité du rocher ...


5 cloporte

  Bien qu'il soit classé comme sparidé, nous disions que l'oblade était un poisson bleu ??? La teinte de sa robe y était pour quelque chose mais pour ce qui est du goût je n'en raffole pas ... La spargatera atteint au mieux la livre pour une trentaine de cms.

                        

            8 site à oblades

 

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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 14:43

 

 

 

 

 

 

La demoiselle



La demoiselle (girelle) est sans doute le plus attachant des poissons de roche que l'on trouve sur les postes de
pêche ...


1

... Il faut l'observer avec un masque, elle ne nage pas, elle danse langoureusement autour des posidonies ... Pourtant que de répugnantes chirurgies serons nous amenés à commettre pour extraire l'hameçon qu'elle aura avalé ...


2

... Tout ça parce que la migonne a une dentition draculéenne ....

3

... avec ses canines prohéminentes qui lui permettent de s'imposer sur l'esche, qu'elle engloutit inconsidéremment même si la taille de la bouchée es disproportionnée et l'hameçon avec ... Au vrai il vaut mieux qu'elle se prenne sur un gros hameçon qui se piquera dans la gueule sinon attention au massacre de la délicate petite chose, surtout si on n'a pas de couteau sous la main ... Le mieux est de sacrifier l'hameçon, ça ne sauvera pas le poisson mais ça nous donnera meilleure conscience...
Voici la demoiselle commune


1a girelle marron 


Il se prend souvent en début de partie de pêche et jamais beaucoup plus qu'une unité, une girelle royale plus grande et beaucoup plus en couleurs que la girelle de base ...Etant la plus forte c'est la première à se jeter sur l'hameçon ...


5

... J'ai appris depuis peu qu'il s'agissait du mâle et même que chaque mâle est une ancienne femelle qui a changé de sexe ! ... Basta !!!

Encore plus somptueux mais rarement pris à la canne, solitaire et nonchalant, la girelle paon enchante le promeneur sous-marin lorsqu'il a le plaisir d'en rencontrer une ...


1b girelle paon

Le jour la plupart des poissons restent invisibles le long de nos rivages ... Sauf la girelle ... C'est triste quand on a connu, grâce au masque, des animations sans cesse renouvelées de toutes sortes de poissons ... De ce temps là on ne pêchait pas la girelle, il s'en prenait au cours de la partie de pêche ... Alors qu'aujourd'hui on en arrive à la pêcher spécifiquement  ...


7

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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 14:28

 

 

 



 

Pêche du marbre 

 

 


Ce poisson a le profil T.G.V ...

44.jpg


... Ce qui lui permet de percuter le sable - où il se tient habituellement - à la recherche de petits vers d'un rouge aussi éclatant que celui des vaseux ... Dont il se délecte sans méfiance ... Aussi le pêcheur a-t-il intérêt à creuser le sable en lisière d'eau pour récolter - sauf pollution - , lesdits irrésistibles vers rouges ...

Je procédais ainsi puis armé de ma gardonnette ( ma goujonnette devrais-je dire), j'entrais dans l'eau de la plage jusqu'aux genoux, m'appliquais des pieds à remuer le sable et bientôt  le premier petit marbré émergeait de l'onde ... Au contact de ma main son petit corps s'agitait avec une rare frénésie puis tout redevenait calme tandis que je le déposais dans un petit panier d'osier porté à l'épaule...

Bouchon réglé de façon à ce que l'esche se tienne à 10cms du sable, de façon à ne pas se priver de la magnifique attaque, dont un bref ferrage viendra aisément à bout ... A laisser traîner sur le fond on risque de mésestimer l'engame et de ferrer trop tardivement ...

Régulièrement, comme pour le goujon, des pieds on remue le sable attirant de nouveaux marbrés en recherche de proies faciles et totalement indifférents aux pieds intrus ... Une fois grandis, les marbrés se montreront autrement plus méfiants, tout au moins de jour...


33.jpg

Lui aussi appartient à la famille des sparidés, il en a la robe argntée atténuée par 12 à14 hâchures brunes verticales ... On le trouve presqu'exclusivement sur le sable, en petites troupes de même génération ... En constante recherche des maigres proies que lui offre son lieu de séjour ... On prétend qu'il peut atteindre 2 kgs à l'âge de 14 ans ...

En fait je n'en ai jamais vu d'aussi gros, tout au plus d'une livre ... C'était en chasse sous-marine, dans une crique de "marbre" au pied du Mt Pélion ... Peut-être celle où fut conçu Achille dont nous parlions l'autre jour ...



 

peches-en-M-diterran-e_0877.jpgphoto de Roland

 


Là, las ! De jour pour ce qui est de la méfiance des gros marbrés, que ce soit au harpon ou à l'hameçon, faut se faire les faire ... De nuit par contre ...

C'était à peu d'années de là, nous campions sur la plage du Lion de Rocapina en Corse ... Devant mes bredouilles de jour, je me levai une nuit de pleine lune à 2h du matin et lançai  (hameçon de 8/fil de 28 avec queues de bernard l'ermite) ... A peine le plomb au fond, la canne s'agite fébrilement ... Je ramène deux marbrés d'une  douzaine de cms ... Je renvoie avec de nouvelles esches et la canne reprend sa gigue ... Je n'ai pas tiré de plus d'un mètre les nouvelles prises, qu'un grand choc ... Très vite je m'aperçois que la chose en face ne s'affole pas, calmement elle veut m'arracher un poisson ...  Finalement j'ai le dernier mot mais sur le bas de ligne, proprement cisaillé en deux, ne subsiste que l'avant d'un marbré !!! ...

Du fait du tranchage parfait, j'imagine, depuis lors, l'attaque d'un denti ... Certains prétendent que les liches sont friandes de marbrés ? ...

Les petits marbrés, bien frais, grattés, farinés et très cuits dans une friture bouillante ... Cela peut rappeler les petits rougets en même posture ... Pour accompagner l'anisette ce n'est pas mal du tout...

Par contre pour les gros je réserve mon avis n'ayant mangé que ceux du commerce !!! ... Certains les prétendent excellents, par exemple en papillotte ...


medium_le-marbre-en-papillote-et-c.jpg


 



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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 14:11

 

 

 




Pêche du sar commun



Bien qu'il y ait plusieurs autres types de Sar, celui-ci est reconnaissable sans le moindre doute ...


1

...C'est le plus familier des sars, qu'on l'identifie depuis le rocher ou qu'on évolue dans son élément ... Dans les écoles de plongée, il est l'un des premiers à se précipiter lorsqu'on éclate un oursin pour décontracter les plongeurs néophytes ... Ce n'est pas qu'il soit imprudent, en pleine eau il sait se tenir, au millimètre près, à une distance sécurisée de la pointe de l'arbalète .... Comme il n'est pas fana pour aller se cacher dans des trous, il n'y a qu'au piégeage qu'on peut surprendre cet indécrottable curieux...

Qu'en est-il alors à la canne ? La meilleur façon est de susciter sa gourmandise avec des mets de choix comme la néreïde de rocher, pour autant qu'il en subsiste encore ... Aussi n'allez pas imiter le procédé que j'évoque ci-après pour obtenir le "roi des vers" !.


Voici comment nous pratiquions cette cueillette des vers ...


5



" ...



 

D’ailleurs, avant même de traverser les quelques centimètres d’eau qui isolent le rocher rond, il dépose son attirail. De la musette il retire une bouteille vide et une pochette de tissu munie d’un lacet. De cette dernière il fait couler des gemmes turquoise qu’il introduit une à une dans la bouteille ; pour la première fois je vois la mystérieuse " pierre bleue ", l’arme secrète de mon oncle et de quelques autres pêcheurs.

Inconscient du plaisir qu’il distille à jouer les mentors, Pépico extrait ensuite un vieux chapeau de feutre, sali et déformé en sac qu’il humidifie longuement et, insouciant de ses espadrilles et de ses bas de pantalon, il traverse le gué menant au rocher rond.

Par la suite j’apprendrai les noms donnés aux postes de pêche les plus réputés : la piedra l’Anchova, le Bacalao... Le rocher rond c’est le Chameau ; sans doute à cause du replat à peine recouvert d’eau qui le prolonge jusqu’à un modeste caillou laissant imaginer la tête immergée du ruminant dont le rocher eut été le dos.

C’est sur ce replat moussu que mon oncle m’invite à le rejoindre.

- Tu maintiendras le chapeau ouvert, me recommande-t-il.



 

Une ceinture de courtes algues brunes et de concrétions roses, plus ou moins régulièrement ennoyée par la vague, tapisse le bas du rocher rond. Le pêcheur emplit la bouteille d’eau de mer et la secoue énergiquement. L’eau pend une couleur laiteuse différente de celle des cristaux dont elle provient.

Ce matin, la mer particulièrement calme n’ennoie pas la base du Chameau. Dès la première goulée de liquide bleu dont Pépico abreuve une portion d’algues, une agitation extraordinaire anime la place : des dizaines de puces de mer jaillissent de la roche, bottent à deux ou trois reprise avant de s’engloutir.

Tandis qu’éberluée j’admire le spectacle, indifférent et courbé mon oncle scrute l’herbe :

- Ouvre donc le chapeau, rugit-il soudain !

D’un geste il a pincé une touffette puis ses doigts ramènent un ver convulsionné, sorte de mille-pattes, dont l’abri profond de la roche réserve la moisson aux seuls initiés de la pierre bleue ; c’est de loin l’appât préféré des poissons.

D’autres vers s’extirpent de tous côtés pour échapper à la mort bleue. Certains, libérés de la roche grâce à de vives contorsions, réussissent à rejoindre l’eau avant d’être saisis ; quelques uns évitent la capture avec la complicité d’une vaguelette qui les emporte dans son reflux vers les profondeurs où d’autres dangers les attendent.

Bien vite Tarambana et moi ajoutons notre dextérité à celle de Pépico. "

 



 





Voyons maintenant comment Amélia nous décrit la prise d'une belle vidriade ...




4

" ...


 

Sur le côté du rocher la profondeur est immédiate et l’eau a une teinte foncée qui dissimule rapidement l’enfoncement du ver et des plombs ; presque en surface, un essaim de petits poissons, traits noirs sans cesse agités, attend la prochaine distribution de brometje.

Le bouchon amorce une première et lente plongée sans que mon oncle intervienne... Une seconde plus nerveuse lui succède puis, à peine le liège a-t-il refait surface qu’il s’engloutit profondément.

Cette fois Pépico ferre et malgré l’opacité de l’eau son geste fait naître une lueur argentée. Lentement la pointe courbée et tressautante de la canne se redresse, récupérant le fil ; sous l’eau le bouchon zigzague puis part vers le large.

- Prépare le salabre..., me crie le pêcheur tout en rendant du fil.

Maladroitement je redresse le long manche de bois portant l’épuisette.

- Maintiens le filet dans l’eau, indique mon oncle, et surtout ne bouge pas.

Dans le même temps il a amené en surface un gros poisson en forme d’assiette d’argent à reflets dorés qui ne se défend plus beaucoup. Lentement, il le guide vers l’épuisette immergée. La vue de cette dernière galvanise la bête obligeant le pêcheur à consentir quelques mètres de fil mais, l’instant d’après, elle se présente vaincue à la bouche de fer que je lui tends. Maintenant, dans le filet qui l’emmaillote, elle soubresaute de façon dérisoire ; un petit coup de poing administré derrière les yeux par l’ancien boxeur abrège son agonie.

- C’est quoi comme poisson ?

- Une vidriade ...Une belle, pas loin de la livre... Il y a longtemps que je n’en ai pas pris une comme ça, tu me portes chance, Amélia ! On a eu du pot car j’étais pas équipé pour une telle bestiole et je pensais bien qu’on allait casser... Mouille bien le chiffon dans le sarnatcho..., mets-le à l’ombre, pas à tremper.

  "

... "

 


Au contraire des autres Sars qui ne se regroupent qu'aux abords de leur trou ...


2

... en pleine eau la Vidriade évolue le plus souvent en troupe ... Ce qui ne garantit nullement qu'après en avoir pris une première, on soit assuré d'en faire d'autres.... Plus elle est âgée et plus elle est méfiante et pour prendre les plus gros spécimen (entre 5 et 800 g.), il vaudra mieux la profondeur et la palangrotte.

On a déjà dit tout le bien qu'on pensait du "goussano" 'ver de rocher, la crevette n'est pas mal non plus ... D'abord la petite vivante malgré sa fragilité sur l'hameçon ou alors la crevette salée comme décrite ci-avant (art.2) mais dans ce dernier cas il vaut mieux que ça brasse un peu ... Quand il s'en trouve, mais alors il faut armer petit, le ventre de bernard l'ermite est aussi efficace que le goussano ... Yen a des qui iront jusqu'à éventrer des boudins de mer afin d'en recueillir une fine voilette blanche dont ils escheront leurs lignes ... Pas convaincu ni pour la vidriade ni pour aucun autre poisson, gabot compris ...

... A la pâte des vidriades pourront se prendre tandis qu'on pêche la moraille en ultra-lérer, avec une minuscule boulette sur un n°16 ... Je vous dis pas si l'autre pèse la demi-livre ... On arrive à maîtriser les départs quitte à ce que le scion accompagne dans l'eau mais ensuite c'est pour soulever jusqu'à nous ... En y croyant et en soulevant doucement le fil à la main, on y parvient ... Parfois! ...

On ne part pas pour pêcher spécifiquement la vidriade mais on a une bonne chance d'en toucher une ou deux en débutant sur le poste de pêche, si l'on a de bons appâts ... Autant s'équiper comme suit: canne légère de 3/4m., moulinet tout ce qu'il y a de mini, et monté directement sur un fil de 14/16cent.,  un bouchon fusiforme d'enfoncement aisé et un hameçon de 12/14,  fin de fer si l'on pêche au ver ... Ne pas oublier que la résistance du poisson est liée à sa forme d'assiette aussi, prendre le temps pour l'amener en surface. 

 

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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 11:18

 

 

 

 

 

 

 

 Pêche du Mulet


1


 Une anecdote pour commencer ...

En ce Noël 1962/63 particulièrement rigoureux, je baguenaudais le long du port de La Rochelle subjugué par l 'aspect des eaux gelées ... Subjugué pas tant que ça puisque dans le bassin à flots, sous un ponton qui préservait un peu d'eau libre, ça grouillait de belles lissas ... D'un saut je reviens avec mon arbalette méditerranéenne, emmanchée d'un trident ... Les poissons bougeaient à peine et j'ai vite fait de ...


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... remplir un seau ... Je ferais ça aujourd'hui que je me retrouverais avec une Association pour me traduire en justice... Mais il y a prescription et comme vous le verrez, j'ai été bien puni ...

... Je nettoie mes Mulets, les accommode à l'intention de mes tous nouveaux beau-parents et puis ... l'HORREUR ! ... Vous auriez tété du gasoil directement à la pompe, c'était pas pire ...



Toutes les muges n'ont pas un goût de gasoil ... Seules celles résidant dans les ports au point d'en être devenues sédentaires ont ce goût atroce ... Poisson de surface, les jours chauds particulièrement, ils semblent vouloir aspirer toutes les impuretés flottant sur l'eau ...

Bien gratté, vidé puis poché à point, le mulet du large a une chair savoureuse, qui se tient bien ... Notons que c'est avec leurs oeufs qu'on prépare la fameuse poutargue ...


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Il y plusieurs sorts de mulets qui se distinguent entre elles à de petits détails : tâche jaune sur la tête (muge doré soit disant la plus succulente), hypertrophie de la lèvre supérieure (muge lippue la plus répandue) ...


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...cette particularité labiale permet au poisson de chipoter longtemps avec notre esche et finir par déshabiller l'hameçon  aussi est-il un des poissons les plus difficiles à prendre, à moins qu'il n'ait faim ou que la concurrence se bouscule au portillon ...

L'extrême méfiance du muge tient à sa position de surface qui le fait repérer le moindre de nos mouvements et qu'il s'approche dans à peine quelques cms d'eau ...


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... afin de s'empiffrer des mousses et des algues ... Car c'est indubitablement un herbivore même s'il ne répugne pas aux néreïdes de roche (mais quel poisson y résiste-t-il ?) ... On avance aussi la sardine !!! ... Si on a rien de mieux, un filet de sardine durci au soleil peut fournir de petites bouchées preneuses ... Sans doute par inadvertance !

Non, l'esche reine c'est la pâte, notre bonne vieille pâte sans aucune adjonction et surtout pas de chair de sardine : allez ensuite rouler une boulette ...  A la rigueur la miette dont on a pétri un côté pour y enfoncer l'ardillon mais alors là, il faut la jouer façon mouche noyée, sans plombs et bouchon plume ... Mais autant faire simple, cette miette vous l'avez extraite d'un quignon ! ... Vous avez tout ce qu'il vous faut pour réaliser pâte et bromedge ...


Une pêche difficile, disons plutôt délicate ...Résumons nous ...


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... Cet herbivore préférera la pâte ... Une pâte maintenue souple par le malaxage continu d'un morceau dans la main gauche tandis que le reste attend à l'ombre à l'abri d'un jute humide ... Le morceau dans votre main se déssèche-t-il ? ... Surtout ne crachez pas dessus, passez le rapidement dans un creux d'eau de mer fraiche ...

Pour le bromedge, écrasez vos croûtes de pain mouillées avec un galet ... Menu, menu... Evitez les adjonctions ( sardines, carapaces de crevettes...) mais prévoyez du sable pour bien écraser ... Et surtout pour lester car il vaut mieux maintenir les mulets hors de portée de vue, de vue de notre silhouette et des mouvements de notre canne ... Une légère retenue au moment du balancé fait rester l'ombre de la canne près du rivage tandis que bouchon et bas de ligne atteignent la zone choisi par vous ... Où s'éclateront les boulettes de bromedge, régulièrement ... Où la finesse de l'écrasement et le poids du sable entraîneront les particules vers le fond sans risque de les voir dériver en surface entraînant les muges à leur suite ... Dans l'affolement des muges qui ne trouveront rien à croûter (!) et se précipiteront sur vos esches qui suivent ...

Avant d'aller plus loin - et ce n'est pas fini pour ce qui est du perfectionnisme ! -, bien entendu vous pourrez prendre du mulet sans appliquer ce qui précède, sans doute moins que votre voisin qui s'y entend, qui réussira à en prendre quand vous ne toucherez rien ... Mais ce qui précède est pratiquement valable pour bien des pêches à la canne, y compris en eau douce ... Alors voyez si vous continuez de lire ...


Le bouchon toupie sera robuste pour éviter de s'enfoncer au moindre chipotement;


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 l'idéal c'est le bouchon à vin taillé en boule à facettes avec son allumette au milieu ... La profondeur ne devra pas être réglée à moins de 20cms et sans que l'hameçon traîne sur le fond; avec moins d'eau c'est la pagaïe, pour nous et pour les poissons et je vous dis pas le ferrage ...

A propos du ferrage je préconise le latéral, parallèle à l'eau, droit ou gauche suivant le "terrain", de façon à ne pas faire sauter le poisson hors de l'eau, assurance de décrochage une fois sur deux ... La défense du muge est puissante, toute en contorsions et ne cessera même pas une fois dans le panier; prévoir un jute ...

C'est pourquoi, en prévision d'un plus gros specimen que ceux qui nous butinent à quelques mètres de nous, nous prévoyons une ligne de 16/18 centièmes avec, directement frappé, un hameçon de 14/16 bronzé ... Pour le plombage préférer un plomb plaquette que l'on peut rapidement faire coulisser ou changer ...

Pour l'emplacement évitez les postes en surplomb, installez-vous au plus ras de l'eau, en conciliant avec un léger ressac souhaitable pour blanchir la surface ...

Ces considérations justifient d'une canne d'au minimum 4 mètres, légère ... Si vous en avez la possibilité, installez un scion assez raide ...

Et ce sera tout !




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