Pêches de Méditerranée


Samedi 7 février 2009


- Au buldo et crevette vivante    (1)


C'est la pêche qui m'amuse le plus même si les prises sont souvent de taille modeste ... et pourtant, depuis quelques années j' avais renoncé tant la loubine s'était raréfiée à la côte et surtout parce que récolter la crevette vivante s'avérait plus difficile que de trouver le poisson...

Et voila que c'est reparti ...

 Par la grâce de ma moitié qui, afin de poursuivre sa gym dans l'eau ailleurs que dans son club, a souhaité que je l'accompagne, tôt le matin, sur la plage ... Alors, pour tuer le temps moi qui déteste me mettre à la flotte sans palmes et arbalette ... Et les transparences méditerranéennes ... Alors j'ai emmené un petit lancer de 2,50m nanti d'un 20 centième pourri (j'ai pas trouvé ici les fils Alpha) et, avec les quelques crevettes péniblement dégottées, j'ai commencé mes premiers lancers dans des conditions de vent, d'heure de marée et transparence de l'eau qui n'étaient pas favorables ...

Et ...





... Et j'ai péniblement réussi à sortir deux loubines trop petites pour être conservées ...


Alors le lendemain ... Mais parlons d'abord des conditions de pêche, de la technique et du matériel



- Au buldo et crevette vivante    (2)


D'abord, ce type de pêche se pratique de jour principalement ... Heureusement car mon pas devenu incertain ne m'autorise plus les sorties nocturnes ...

Il faut être équipé  un peu plus sérieusement que je ne l'étais plus haut  : lancer 3,50m/40g. buldos petits et moyen de préférence rouge,( de loin ils se voient mieux que les transparents), hameçons 6/8 bleus et fins de fer ( en cas de croche ils s'ouvrent évitant de perdre le buldo mais aussi ils abîment moins la crevette )... Fil de 20/22. Buldo et hameçon directement sur le fil, c'est l'assurance d'un minimum d'embrouille dans le lancer.

On dit partout que le meilleur moment pour prendre du poisson c'est 1h30 avant l'étale de haute mer et c'est bien vrai mais si cette condition ainsi que d'autres que je vais énoncer devaient être toujours réunies, on ne pêcherait pas souvent ... A savoir  : 
- peu ou pas de vent ou alors une légère brise de terre,
- une eau claire et réchauffée pour que les alevins aient envie de faire des rondes en surface déclenchant les chasses commodes pour situer le bar,
- un sol sûr pour avancer ou reculer dans l'eau sans danger ( par exemple le sable une plage tôt le matin avant que ne déferlent les baigneurs) mais ce sable doit se trouver dans un environnement rocheux garde manger pour les loubines à venir ou à partir,
- les marées doivent être moyennes (60 à 80), trop petites le poisson reste au large et trop grandes il repart plus vite qu'il n'est venu ... Quand je ne pêche pas au moment favorable (1h30 avant étale de flot) , je préfère le descendant depuis 1 à 2 heure après l'étale de flot et  jusqu'à cela soit possible ... Il m'est arrivé, sur des fonds connus de m'avancer en péchant jusqu'au moment du retournement du jusant : presqu'immédiatement les touches reprennent et dans les petits fonds on aperçoit les hordes de loubines comme chevauchant la vague en direction du rivage... Tout juste si elles ne cognent pas mes bottes ...


 Vous comprendrez qu'avec toutes ces conditions ( et j'en oublie certainement), les postes de choix sont rares et je ne vais vous donner aucune précision topographiques, demain il y aurait foule où je me tiens ...





Beau joueur, la photo vous donne un indice ... Demain il y en aura un autre ...

Vous pouvez constater que, 60 ans après, Tarambana est toujours aussi tarambana ...





- Au buldo et crevette vivante  (3)


L'empile entre le buldo et l'hameçon varie entre 1m et 1,20m ...

Quand il y avait beaucoup de bars, vers 1990, certains allaient chercher très loin (70/80m), avec un matériel adapté dont des bulles pleines montées en dérivation et le plus souvent des leurres en caoutchouc, les grosses loubines ...

Dans la hiérarchie des postes de pêche au bar, c'était incontestablement la barre de l'Adour à Boucau à l'entrée de l'estuaire qui tenait le pompom ... Dans la douzaine de pêcheurs à touche touche occupant l'espace je n'ai pas tenté de m'immiscer ... Je ne sais ce qui m'a paru le plus extraordinaire des loups de 4 kgs qu'on hissait sur le quai ou de l'habileté des pratiquants à ne pas embrouiller leur pelote de flotteur, là-bas, dans le mitan du fleuve qui se déversait ou se remplissait... Qu'en est-il aujourd'hui de ce poste d'exception ?

Je parle, je parle et j'en oublie mes informations ... On verra demain !

En attendant




sur cette deuxième photo, vous avez un nouvel indice concernant le poste de pêche qui me réussit ces jours-ci ...





- au buldo à la crevette vivante (4)



L'hameçon traverse
ra l'extrémité de la queue de la crevette, c'est cette position qui simulera le mieux la nage naturelle de l'esche ...

Dans le lancer, juste avant que le buldo ne touche l'eau, de la main gauche bloquez le fil : la crevette et l'empile décriront un soleil par-dessus le flotteur évitant les embrouilles des arrivées groupées...

Attendez que la crevette se soit enfoncée avant de commencer, très lentement, à récupérer... Si vous moulinez vite, la crevette va suivre en surface au risque de tenter une moraille qui laissera votre crustacé décapité ...

Tant que le poisson n'est pas localisé continuez ces ramenés entrecoupés de temps de dérive lente du buldo ... Au premier bar pris ou à la première touche sérieuse, rebalancer votre buldo à l'endroit repéré et laissez le en dérive lente... Si une nouvelle touche tarde à se manifester, reprenez les ramenés en variant les directions et les distances ... Surveillez votre montre pour ne pas rater le début des famauses 1h30 avant l'étale de haute mer ...

Et malgré tous ces soins, cette fatigue accumulée à rester debout, cette tension à épier la petite boule rouge, ces vagues qui vous projette des coquilles dans les tibia ! ... Il n'est pas question de poser la canne, le ventre du fil aurait tôt fait de s'encanailler avec une roche sous-marine ... Quelle tristesse de plier en jetant les crevettes qui furent si pénibles à attraper ...

Au lieu de vous attendrir, regardez donc votre flotteur ! ... Eh Oui! Il a disparu et même depuis un certain temps ... Vous ne la méritez pas votre loubine, d'autant qu'avec ce type de touche c'est probablement une balaise ...

Non, je plaisante, après tous ces moments de doute, cette fatigue accumulée, vous le méritez bien votre poisson mais nous verrons ça demain ...

En attendant, nouvelle photo, nouvel indice ...



Ce pedregal de roches bleues est un permanent garde manger à crevettes ...






- au buldo à la crevette vivante  (5)



Bon voilà qu'enfin le buldo vient de plonger ... Voyons ce plongeon ...

Intempestif ! ...  Le flotteur remonte déjà, replonge et remonte encore plus vite ...Puis il part entre deux eaux plein de toussotements ... Ne pas ferrer c'est une moraille, au mieux vous ramènerez votre crevette étêtée ... De l'amplitude de votre canne amenez le buldo vers vous, il va lâcher ... Sinon une petite chirurgie vous attend ... Et si par hasard il s'agissait d'un beau poisson qui faisait son gamin, le lent mouvement de la canne déclenchera l'engamage décisif ...

Une belle pièce commence souvent par de petits enfoncements du flotteur puis celui-ci disparaît lentement sous l'eau ... Et ça dure ... Moment suprême, comme pour le brochet vous tendez le fil jusqu'au contact avec la bête ... Tout Doux, tout doux ... Deux doigts sur le fil vous sentez les coups de tête de l'animal occupé à déglutir ... Oui, c'est un beau morceau ... Il est temps de ferrer !!!

La loubine est un poisson happeur, il n'a pas cette machoire pavée des sars et daurades ...  Il procèderait plutôt comme le mérou qui par sa bouche extensible et un appel d'eau envoie ses proies en direction du gosier ... En si doux environnement mes hameçons bleus, petits et fins de fer, ne craindront pas le décrochement jusqu'au kilo de l'adversaire ...

Reste ensuite à ramener le monstre ... Sous réserve d'avoir ravivé le fil et de manier correctement la canne, par exemple lorsqu'il veut aller vers les roches bleues du pedregal, un bar piqué au bouchon se ramène toujours ... Quel plaisir ! L'adrénaline coule à flot ... Même si on sait " qu'un bar piqué au bouchon se ramène toujours " ...

Un gros peut mordre alors qu'on bobine lentement le buldo ... Le tout est d'amortir calmement le choc puis ensuite c'est comme pour le bar au bouchon ... A ceci près que le poisson qui a l'hameçon dans la bouche plutôt que dans le gosier est beaucoup plus vigoureux, à quelques mètres du rivage il peut faire des bonds hors de l'eau et se décrocher ... Choisissez de faire glisser votre prise en surface sur les derniers mètres plutôt que de la soulever...

Le lendemain du jour où j'avais remis à l'eau mes deux petites loubines, le jour des photos de cet article, j'ai pris 9 bars qui sans être énormes, m'ont quand même valu bien de la satisfaction...













 

Par José
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Vendredi 6 février 2009


Au vrai on débute dans ce type de pêche avec un solide nylon tenu à la main, un petit écrou pour le plombage et, 5cm plus bas, un hameçon de l'ordre d'un n°8 dont on mesurera vite l'intérêt de faire sauter l' ardillon ... Que de répugnantes chirurgies évitées par cette précaution ...




Pour ce qui est de l'esche, tout est bon ! La moindre bestiole capturée dans une flaque, la coriace chair de l'arapède ... Le matériel sera le plus souvent votre équpement pour la moraille c'est-à-dire la gardonnette avec une ligne correspondant à ce qui est dit plus haut, l'écrou étant remplacé par une chevrotine.

En fait, avec cette ligne là vous allez surtout chercher à éliminer les gabots du coin ou vous vous installez  afin , plus tard, de la remplacer par  votre précieuse ligne à vidriade ou à doblade ... L'action de pêche est des plus simples : tout autour du trou, cet amphithéatre rocheux où vous avez décidé de faire votre ranchico (bourriche) de poissons divers, il va suffire de dandiner votre esche autour des parois ... La clarté de votre appât a tôt fait d'être engloutie et aussitôt ça tire ...Car il se défend vigoureusement le gabot ... Lorsque vous recueillez en mains ce paquet de gélatine convulsive, c'est là que vous appréciez d'avoir fait sauter l'ardillon ... Attentiom quand même aux doigts.

Vous balancez ensuite l'indésirable à droite, à gauche, devant ... Pas beoin de lancer loin car il reviendra de toutes façons à son trou mais avec le mal au dents qu'il tient, il vous fichera la paix pour le restant de la partie de pêche ... Le mieux pour être sûr d'être tranquille c'est de balancer derrière ...

Ce comportement que je vous décrit est le contraire de celui du pêcheur dont le plus grand plaisir est d'entasser les prises dans son panier ... Encore qu'avec les écolos actuels, il en est qui remettent à l'eau des blanquettes dont j'aurai bien fait mon 20 heures ... Voici un récit qui vous fera mieux comprendre mon attitude ...


"

 

            J’apprends vite à repérer les gabots, plus batraciens que poissons, minuscules sirènes vautrées sur la roche herbue qui au moindre danger rejoignent leur élément d’un bond furtif... Mais telle est leur voracité qu’ils reviennent malgré tout vers le moindre appât coulant vers eux, au premier qui l’engame.

            Les plus gros sont toujours les premiers à venir se faire prendre puis arrivent les moyens et pour finir, les petits ne sont pas moins avides de mon hameçon. Quand j’ai épuisé le cheptel d’une flaque il me suffit de passer à la suivante pour renouveler des prises... L’étonnant c’est qu’en revenant le lendemain, la première flaque livrera autant de gros, moyens et petits gabots que la veille !

 

            Tarambana qui jusque là s’est tenu silencieux, perché sur un rocher bison, intervient soudain :

- C’est pas tout de les prendre... Faut savoir si on les rejette ou si tu les manges...

- C’est bon à manger ?

- Roulés dans la farine et bien frits à la poêle c’est, dirait ma mère : dé-li-cat ! Mais si on les remet à l’eau, presque tous se réanimeront.

- Toi tu préfères quoi ?

- On a beaucoup de poisson d’avance chez nous...

- Si je gardais quelques uns, les plus gros..., tu crois que ça ferait plaisir à Janette ?

- A condition de les lui amener tout nettoyé...Je vais te montrer comme on fait.

            Après avoir mis de côté les plus gros gabots, José me donne à renvoyer les autres dans leur élément, ce que je fais en déversant le catcharo au-dessus d’une flaque. Aussitôt la plupart des poissons s’égaient mais les autres ne tardent guère à les rejoindre.

- Tu prends le gabot dans la main gauche, le dos contre ta paume...

 

            J’ai dit combien le poisson était visqueux... S’il a le dos svelte, l ‘abdomen est rebondi de la façon la plus disproportionnée et la plus répugnante... Aïe ! Tandis que je regarde attentivement Tarambana qui, à l’aide d’un petit canif rouillé entreprend de percer le ventre de son poisson, le mien m’a mordu douloureusement et il me faut secouer plusieurs fois la main pour qu’il lâche et retrouve son élément à sa plus grande satisfaction. Puis je me concentre sur l’activité de José qui semble éprouver de la difficulté à percer la peau de sa bestiole.

            Ce n’est qu’en voyant tout ce qui sort de la panse du gabot que je me souviens que nous aussi, au cabanon, nous avions beaucoup de poisson d’avance.

 

            Je ne goûterai jamais aux " délicats" gabots mais ne me priverai pas par la suite de l’amusement de les pêcher pour ensuite les remettre à l’eau. "

Par José
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés