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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 16:21

 

 

 

La pêche du gabot

 

 


Au vrai on débute dans ce type de pêche avec un solide nylon tenu à la main, un petit écrou pour le plombage et, 5cm plus bas, un hameçon de l'ordre d'un n°8 dont on mesurera vite l'intérêt de faire sauter l' ardillon ... Que de répugnantes chirurgies évitées par cette précaution ...


 palmicorne

Pour ce qui est de l'esche, tout est bon ! La moindre bestiole capturée dans une flaque, la coriace chair de l'arapède ... Le matériel sera le plus souvent votre équpement pour la moraille c'est-à-dire la gardonnette avec une ligne correspondant à ce qui est dit plus haut, l'écrou étant remplacé par une chevrotine.

En fait, avec cette ligne là vous allez surtout chercher à éliminer les gabots du coin ou vous vous installez  afin , plus tard, de la remplacer par  votre précieuse ligne à vidriade ou à doblade ... L'action de pêche est des plus simples : tout autour du trou, cet amphithéatre rocheux où vous avez décidé de faire votre ranchico (bourriche) de poissons divers, il va suffire de dandiner votre esche autour des parois ... La clarté de votre appât a tôt fait d'être engloutie et aussitôt ça tire ...Car il se défend vigoureusement le gabot ... Lorsque vous recueillez en mains ce paquet de gélatine convulsive, c'est là que vous appréciez d'avoir fait sauter l'ardillon ... Attentiom quand même aux doigts.

Vous balancez ensuite l'indésirable à droite, à gauche, devant ... Pas beoin de lancer loin car il reviendra de toutes façons à son trou mais avec le mal au dents qu'il tient, il vous fichera la paix pour le restant de la partie de pêche ... Le mieux pour être sûr d'être tranquille c'est de balancer derrière ...

Ce comportement que je vous décrit est le contraire de celui du pêcheur dont le plus grand plaisir est d'entasser les prises dans son panier ... Encore qu'avec les écolos actuels, il en est qui remettent à l'eau des blanquettes dont j'aurai bien fait mon 20 heures ... Voici un récit qui vous fera mieux comprendre mon attitude ...


"
 
            J’apprends vite à repérer les gabots, plus batraciens que poissons, minuscules sirènes vautrées sur la roche herbue qui au moindre danger rejoignent leur élément d’un bond furtif... Mais telle est leur voracité qu’ils reviennent malgré tout vers le moindre appât coulant vers eux, au premier qui l’engame.
            Les plus gros sont toujours les premiers à venir se faire prendre puis arrivent les moyens et pour finir, les petits ne sont pas moins avides de mon hameçon. Quand j’ai épuisé le cheptel d’une flaque il me suffit de passer à la suivante pour renouveler des prises... L’étonnant c’est qu’en revenant le lendemain, la première flaque livrera autant de gros, moyens et petits gabots que la veille !
 
            Tarambana qui jusque là s’est tenu silencieux, perché sur un rocher bison, intervient soudain :
- C’est pas tout de les prendre... Faut savoir si on les rejette ou si tu les manges...
- C’est bon à manger ?
- Roulés dans la farine et bien frits à la poêle c’est, dirait ma mère : dé-li-cat ! Mais si on les remet à l’eau, presque tous se réanimeront.
- Toi tu préfères quoi ?
- On a beaucoup de poisson d’avance chez nous...
- Si je gardais quelques uns, les plus gros..., tu crois que ça ferait plaisir à Janette ?
- A condition de les lui amener tout nettoyé...Je vais te montrer comme on fait.
            Après avoir mis de côté les plus gros gabots, José me donne à renvoyer les autres dans leur élément, ce que je fais en déversant le catcharo au-dessus d’une flaque. Aussitôt la plupart des poissons s’égaient mais les autres ne tardent guère à les rejoindre.
- Tu prends le gabot dans la main gauche, le dos contre ta paume...
 
            J’ai dit combien le poisson était visqueux... S’il a le dos svelte, l ‘abdomen est rebondi de la façon la plus disproportionnée et la plus répugnante... Aïe ! Tandis que je regarde attentivement Tarambana qui, à l’aide d’un petit canif rouillé entreprend de percer le ventre de son poisson, le mien m’a mordu douloureusement et il me faut secouer plusieurs fois la main pour qu’il lâche et retrouve son élément à sa plus grande satisfaction. Puis je me concentre sur l’activité de José qui semble éprouver de la difficulté à percer la peau de sa bestiole.
            Ce n’est qu’en voyant tout ce qui sort de la panse du gabot que je me souviens que nous aussi, au cabanon, nous avions beaucoup de poisson d’avance.
 
            Je ne goûterai jamais aux " délicats" gabots mais ne me priverai pas par la suite de l’amusement de les pêcher pour ensuite les remettre à l’eau. "



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